C’est bel et bien une erreur humaine qui est à l’origine de l’accident du Glacier Express. En juillet dernier, le train panoramique quittait ses voies, entre Lax et Fiesch dans le Haut-Valais, provoquant la mort d’une touriste japonaise de 64 ans et blessant 42 passagers.

Le convoi mythique qui relie Saint-Moritz à Zermatt circulait trop vite, conclut le rapport final du Service d’enquête sur les accidents de transports publics (SEA), diffusé aujourd’hui et confirmant ses premières thèses. Il a entamé le virage fatidique à 56 km/h alors que la vitesse réglementaire est de 35 km/h à cet endroit.

«L’enquête a démontré que la géologie, la météo, la géométrie de la voie, l’horaire, les consignes de travail aux mécaniciens ainsi que l’état des voitures n’ont joué aucun rôle dans le déroulement de l’accident», communique Walter Kobelt, chef du SEA.

Après les premières conclusions de l’organe fédéral, le Syndicat du personnel des transports (SEV) avait en effet mis en cause la société Matterhorn Gotthard Bahn (MGB), exploitante du train des glaciers, invoquant une trop grande pression sur les chauffeurs de locomotive de la part de MGB pour les contraindre à respecter l’horaire.

L’enquête conclut non seulement qu’à aucun moment la société n’a exigé de ses employés qu’ils «roulent plus vite qu’autorisé pour respecter l’horaire» mais, suite à plusieurs tests d’accompagnement, établit également que «l’horaire peut être tenu en respectant toutes les limitations de vitesse».

Le pilote, qui avait été profondément choqué par l’accident tragique, entame la nouvelle année en demi-teinte. Il se porte mieux psychologiquement, se réjouit son défenseur Peter Zengaffinen, et travaille toujours pour MGB, pas en tant que conducteur mais au service marketing pour le moment.

Dans un communiqué, la société lui garantit son emploi indépendamment de l’issue de la procédure pénale, désormais enrichie par ce dernier rapport, à charge. L’affaire est entre les mains du Ministère public du Haut-Valais. Le conducteur en cause peut risquer jusqu’à 180 jours-amendes, estime son avocat.