Des carences organisationnelles et des tensions liées au rythme de travail, mais pas de faute grave. Telles sont en résumé les conclusions de l’audit externe commandé à la suite de la profonde crise interne qui a ébranlé le Centre sportif de Malley (CSM), l’entreprise propriétaire et exploitante de la Vaudoise aréna. Les grandes lignes ont été présentées ce mardi matin par Alain Gillièron, syndic de la commune de Prilly et vice-président du conseil d’administration de CSM, venu seul face à la presse. La société a finalement renoncé à rendre public le rapport détaillé pour «des raisons de protection de données».

Les conclusions de cet audit, confié au cabinet privé Vicario Consulting, étaient très attendues. Celui-ci avait été lancé suite à la recommandation du canton, après des semaines de tensions, sur fond de sous-effectifs chroniques, de relations compliquées avec la hiérarchie et de changements brutaux en lien avec l’ouverture de la nouvelle patinoire en septembre 2019. A tel point que la moitié de la vingtaine d’employés de la société avait écrit le 13 décembre une lettre au Service de l’emploi. Six jours plus tard, une séance houleuse avec le personnel, menée par le président du conseil d’administration et ancien syndic de Lausanne Jean-Jacques Schilt, avait fini d’aggraver la situation. Le 29 janvier dernier, quand Le Temps révèle l’affaire, cinq collaborateurs sont en arrêt maladie, deux ont démissionné.

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«Nous avons sous-estimé l’ampleur des changements»

Ces tensions, Alain Gillièron les reconnaît. Pour le vice-président du CA, elles sont dues au manque de ressources et au stress lié à la préparation du tout nouveau complexe sportif, en vue de la reprise du championnat de hockey, puis des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). «Nous avons sous-estimé l’ampleur des changements, admet-il. Nous allons passer de quelque 25 employés à 50 en 2021, quand la piscine sera ouverte. Notre gouvernance est toujours en construction.» L’audit propose ainsi d’importantes mesures afin d’adapter la société, détenue à 60% par les trois communes de Lausanne, Prilly et Renens: constitution d’une commission du personnel et création d’un poste de spécialiste RH, entre autres.

Au vu des conclusions de l’audit qui ne relève pas de «conflit avec la très grande majorité du personnel», la société CSM maintient sa confiance envers Jean-Jacques Schilt, ainsi qu’envers le directeur Christophe Huybrechts, deux hommes sous le feu des critiques. S’il admet que le premier pouvait se montrer «autoritaire et peu à l’écoute» et que le second avait «une propension à foncer sans regarder en arrière et parfois un manque d’empathie», Alain Gillièron a loué leur engagement, qui a entre autres permis d’accueillir avec succès une manifestation d’ampleur comme les JOJ. Néanmoins, les charges de Jean-Jacques Schilt seront allégées, notamment celles liées à la gestion du personnel, reprises par Alain Gillièron. «Tout sauf une sanction», tient à préciser ce dernier.

Dialogue rompu avec les syndicats

Cette communication ne va cependant pas apaiser toutes les polémiques entourant la gestion de ce «temple du sport et de l’événementiel». Le dialogue avec le syndicat Unia qui défend les cinq collaborateurs en arrêt maladie est en effet rompu. Une audience est d’ailleurs prévue ce mercredi 24 juin devant l’Office cantonal de conciliation et d’arbitrage en cas de conflits collectifs de travail. «Ces cinq employés, qui représentent quand même le 25% des effectifs au moment des faits, n’ont reçu aucune réponse, s’insurge le secrétaire syndical Arthur Auderset. CSM démontre une incapacité à reconnaître les erreurs et à rechercher des solutions.»

Du côté des milieux politiques, on affiche également un certain mécontentement. «Nous ne sommes pas satisfaits de la situation», confirme la PLR Florence Bettschart-Narbel, qui avait fait accepter au Conseil communal de Lausanne une résolution demandant que l’audit soit rendu public: «Nous allons continuer à poser des questions sur ce dossier. Il n’est pas admissible pour une S.A. de droit public qu’il soit si compliqué d’avoir accès à ce rapport. Il y a eu des accusations graves. Sans réelle transparence, il demeurera toujours un doute sur ce qui s’est passé».