Patrimoine

Les automates de la collection Baud resteront à Sainte-Croix

C’est le soulagement dans la cité industrielle du Jura vaudois. Elle a réussi à rassembler les 2 millions de francs nécessaires pour le rachat des fameux automates du Musée Baud, menacés d’être vendus à l’étranger

C’est Noël avant l’heure pour Sainte-Croix. La commune du Jura vaudois a réussi à réunir les 2 millions de francs nécessaires pour le rachat de la fameuse collection Baud. Constituée de 240 pièces rares (boîtes à musique, automates, oiseaux chanteurs, orchestrions…), elle est un témoin du savoir-faire de la région dans la mécanique d’art. Un patrimoine qui aurait pu être perdu, suite à la décision de vendre prise par la famille Baud, qui conservait ces objets dans un musée ouvert en octobre 1955 dans le village voisin de L’Auberson.

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Annoncé ce jeudi, le rachat de la collection a été permis par la générosité de quelque 170 donateurs, parmi lesquels trois grands mécènes, dont un seul, la Fondation Anita et Werner Damm-Etienne à Montreux, a accepté que son nom soit rendu public. A noter que le canton de Vaud, dont la mission n’est pas d’acquérir des collections, n’a pas participé financièrement à ce sauvetage.

«C’est d’abord beaucoup d’émotion, confie Séverine Gueissaz, membre du conseil de fondation du CIMA (Centre international de la mécanique d’art), l’une des chevilles ouvrières de l’opération. La perte de la collection Baud aurait été une tragédie pour Sainte-Croix.» La cité industrielle reste marquée par la perte d’une autre collection d’envergure, celle de Guido et Jacqueline Reuge, considérée comme l’une des dix plus belles du monde consacrées à la musique mécanique, vendue en 1996 à des acheteurs japonais.

Offres des Etats-Unis et de Chine

Le risque de voir les automates du musée Baud s’envoler vers l’étranger était bien réel. Sainte-Croix, qui avait jusqu’à la fin de cette année 2018 pour réunir les fonds, a longtemps peiné à trouver l’argent nécessaire. Et la famille Baud avait reçu d’autres offres, notamment en provenance de Chine, en vue de la construction d’un musée, et des Etats-Unis, où les pièces auraient été vendues séparément aux enchères.

Ce rachat permet surtout à Sainte-Croix d’aller de l’avant avec son projet de musée unique, dont le but est de réunir sur un seul site à la muséographie moderne les trois musées de la région: le Musée Baud, le CIMA et le Musée des arts et sciences. «Son ouverture est espérée pour l’année 2021», précise encore Séverine Gueissaz.

Cette nouvelle institution offrira une vitrine sur le patrimoine de Sainte-Croix, qui souhaite se positionner encore davantage sur les domaines de la mécanique horlogère et de la mécanique d’art. Une demande d’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco sera ainsi déposée en mars 2019, pour une inscription éventuelle l’année suivante.

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