La ville de La Chaux-de-Fonds comptait sur les 3 millions de la taxe déchets pour diminuer le déficit de son budget 1999. C'est raté. Ce week-end, le peuple a refusé sèchement cette taxe que les initiateurs du référendum considéraient comme une ponction fiscale déguisée. Le Conseil communal (exécutif) avait pourtant expliqué qu'elle découlait du principe pollueur-payeur, édicté par la Confédération. Le peuple n'a rien voulu entendre. Il a clairement dit non par 5471 voix contre 2301, soit 70,4% de refus.

La taxe devait coûter, au maximum et par année, 130 francs par personne, et 390 francs par ménage. Le Conseil général (législatif) l'avait adoptée à l'unanimité sans opposition dans sa séance du 25 novembre dernier. Il avait adouci la mesure en prévoyant des rabais pour les personnes de condition modeste: rentiers AVS, familles nombreuses à faibles revenus. «Nous aurons l'obligation légale de revenir avec une taxe prochainement», expliquait hier soir le président de la ville, Charles Augsburger. Il livrait aussi les résultats d'une enquête auprès de la population, adressée avec les consignes pour le vote. Sur les 2300 personnes qui ont répondu, 813 étaient favorables à la taxe, 875 préféraient une taxe au sac, 228 refusaient toute taxe. «Les réponses étaient assorties d'un commentaire, et elles ont démontré un malaise social», a encore relevé le président. Les charges d'assurance maladie ont entamé les budgets des ménages, et les contribuables sont hostiles à tout nouvel impôt.

Daniel Vogel, chef des finances de la ville, devra boucler les comptes 1999 sans les revenus de la taxe. C'est dire que le déficit présumé de 4 millions pour 350 millions de dépenses atteindra 7 millions, plus deux millions consacrés cet hiver au déblaiement de la neige. «Les réserves de la commune se montaient à près de 12 millions à la fin de l'année. Nous avons bloqué les salaires et diminué les emplois dans l'administration et aux Travaux publics.» Tout semble donc avoir été tenté pour équilibrer les comptes de la troisième ville de Suisse qui souffrent du manque de rentrées fiscales des entreprises, et du report des charges de l'Etat sur les communes.

En juin, le Grand Conseil discutera du projet d'introduire une taxe déchets dans toutes les localités du canton. «Le parlement devra tenir compte du refus de notre population et des résultats de notre enquête», prédit Charles Augsburger. Mais les Chaux-de-Fonniers n'échapperont sans doute pas deux fois à cette taxe…

J.-J. Ch.