L’ouverture dominicale des magasins n’est plus taboue en Valais. Le gouvernement voit d’un bon oeil un assouplissement de la pratique actuelle. Et le Parlement a donné mardi son aval à l’élaboration d’une loi plus libérale.

La motion des députés Marcel Delasoie (PLR) et Philipp Matthias Bregy (PDC) a obtenu l’adhésion du Grand Conseil par 80 voix contre 41 oppositions et six abstentions. Les motionnaires demandent que les Conseils municipaux puissent autoriser quatre ouvertures dominicales par année lors de manifestations. La loi actuelle n’autorise qu’une seule ouverture dominicale annuelle.

Menace de référendum

La motion s’est heurtée à l’opposition de la gauche et de quelques députés UDC et PDC. «Si la loi est modifiée dans le sens de la motion, il y aura certainement un référendum des syndicats», a annoncé German Eyer (PS). Les premiers bénéficiaires d’un tel assouplissement ne seront pas les petits commerçants locaux, mais les grandes surfaces.

German Eyer a aussi balayé l’argument des touristes faisant marcher les commerces lors de ces ouvertures à l’occasion d’une manifestation. Les touristes profiteront de l’ouverture des grands magasins, souvent situés en périphérie, pour faire des achats au détriment de la manifestation à l’origine de l’ouverture.

Gouvernement favorable

Le conseiller d’Etat Jean-Michel Cina constate que le comportement de la population a évolué. Les Valaisans sont nombreux à profiter de jours fériés cantonaux comme le 8 décembre pour se rendre dans les grands magasins des cantons voisins: «Un assouplissement de l’ouverture des commerces est approprié.»

Le Conseil d’Etat est conscient de la sensibilité du sujet. Mais la possibilité d’ouvrir les commerces jusqu’à quatre dimanches par année lors de manifestations peut augmenter l’attrait de celles-ci. L’élaboration du projet de loi ne se fera pas sans consultation. «Les syndicats pourront s’exprimer», a promis Jean-Michel Cina.