L'essentiel

Avec une industrie du tourisme terrassée par la pandémie, la réalité virtuelle devient un substitut aux voyages. Des tests à faire soi-même seront disponibles en Suisse après Pâques. Une partie du Kenya et des Philippines se reconfine.

Retrouvez notre suivi de la journée de vendredi


■  L'UDC opte pour la liberté de vote sur la loi Covid-19

Lors de l'assemblée des délégués de l'UDC, qui s'est tenue en ligne ce samedi, les membres ont décidé d'opter pour la liberté de vote sur la loi Covid-19 le 13 juin prochain, par 80 oui, 64 non et 19 abstentions. Le président du parti Marco Chiesa préconisait cette option, estimant que la loi est «surchargée» et aborde des thèmes sans rapport entre eux comme «l'aide économique et la délégation de larges compétences décisionnelles au Conseil fédéral». Mais elle est aussi la base de l'aide économique aux personnes en difficulté, que l'UDC souhaite voir être indemnisées.

■  200 personnes manifestent à Sion

Dans la capitale valaisanne, des manifestants ont exprimé leur désaccord contre les mesures sanitaires. Le rassemblement était autorisé et il s'est déroulé pacifiquement, selon la police. Quelque 200 personnes se sont retrouvées dès 14h00 sur la place de la Planta puis se sont dirigés, comme prévu, en cortège jusque dans le secteur du Grand-Pont. 

■  Le désespoir des comédiens à Avignon

Vikings, chevaliers, pirates ou serfs: quelque 400 personnes, passionnés ou professionnels des reconstitutions historiques, ont défilé samedi dans les rues d'Avignon pour alerter sur les difficultés rencontrées par le secteur.

«Allons bouter le variant anglais hors de France», «Sire! On en a gros!», «Sorcières, j'suis censée mourir sur le bûcher, pas crever de faim», «L'histoire vivante c'est nous, ne nous laissez pas mourir de faim», «La culture ne se limite pas à l'opéra»: sur leurs pancartes, les manifestants ont affiché leur désarroi et leurs inquiétudes dans les rues du centre-ville d'Avignon, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Beaucoup d'associations sont en train de se déliter, des gens qui vivaient grâce à ces événements sont en train de mourir, on ne peut pas accepter ça. Dans la reconstitution historique, on ne fait jamais de manif comme ça mais là on lance un cri de détresse», a expliqué à l'AFP Patrick Duval, conseiller municipal de Morières-lès-Avignon et organisateur du festival médiéval de la Rose d'Or.

«Ils sont tous à l'agonie, ils meurent. Les troupes sont en train de se dissoudre complètement parce qu'elles ne peuvent plus proposer à leurs adhérents de sorties ou de fêtes, les petits artisans qui nous suivent sur toutes nos fêtes médiévales, sur tous les marchés sont littéralement à l'agonie, ils sont en train de fermer les uns après les autres et ça se passe très mal parce qu'ils n'ont plus le droit à rien, les intermittents du spectacle on leur a promis une année blanche mais il y en a énormément qui ne rentrent pas dans les cases», a-t-il déploré.

■  Augmentation inquiétante de cas au Yémen

Médecins sans frontières (MSF) a tiré samedi la sonnette d'alarme face à «un très fort afflux» de cas graves de Covid-19 au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique où la guerre a ravagé les infrastructures sanitaires.

«La forte augmentation des cas de Covid-19 au cours des dernières semaines est extrêmement alarmante et inquiétante», a aussi souligné Raphael Veicht, chef de mission de MSF au Yémen, cité dans un communiqué. Il a appelé les organisations humanitaires à «intensifier rapidement leur réponse d'urgence» et à un plus grand soutien des donateurs internationaux.

La capacité du Yémen à traiter les personnes en soins intensifs est «limitée», en raison d'un système de santé qui s'est effondré avec la guerre ravageant le pays. Un conflit oppose depuis plus de six ans le gouvernement, appuyé par une coalition menée par l'Arabie saoudite, aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, et a plongé le Yémen dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

■  L'Espagne va exiger un test PCR négatif à la frontière française

Les autorités espagnoles ont annoncé samedi qu'un test PCR négatif de moins de 72 heures serait désormais exigé pour toute personne souhaitant passer la frontière terrestre française pour se rendre en Espagne.

Cette mesure, qui prendra effet mardi, intervient alors que l'Espagne intensifie les restrictions dans l'espoir d'éviter une augmentation des cas de contamination au Covid-19 pendant la Semaine sainte, qui commence ce week-end.

C'est la première fois qu'une telle exigence est imposée à ceux qui franchissent la frontière terrestre entre les deux pays. Jusqu'à présent, cela n'avait été exigé que pour des arrivées par les airs.

Destination de prédilection en plein Covid avec ses bars ouverts et son couvre-feu à 23H00, Madrid s'est convertie en refuge pour les touristes européens, notamment français, tandis que ses habitants ont interdiction de quitter la région.

Cette différence de traitement exaspère les Espagnols, encore plus à l'approche de la Semaine sainte, une fête extrêmement populaire dans le pays et lors de laquelle les gens ont l'habitude de voyager pour se retrouver en famille.

■  Philippines: Manille reconfinée

Un nouveau confinement est prévu, la semaine prochaine, pour plus de 24 millions de personnes à Manille et ses environs, alors que les hôpitaux de la capitale peinent à absorber une flambée des infections.

Ces restrictions renforcées sont imposées au coeur économique du pays - qui concentre un cinquième de la population - alors que des variants plus contagieux alimentent une recrudescence des cas.

A partir de lundi, la population concernée devra travailler à domicile, à l'exception des travailleurs essentiels, et les transports en commun seront suspendus. Tous les rassemblements importants seront interdits, un couvre-feu de 18H00 à 5H00 instauré et les commerces non essentiels fermés.

■  Alain Berset promet des tests à faire soi-même dès le 7 avril

En Suisse, des tests à faire soi-même pour déceler une éventuelle contamination au coronavirus seront disponibles en pharmacie après Pâques. Le conseiller fédéral Alain Berset a fait cette déclaration dans l'émission Rundschau sur la chaîne alémanique SRF samedi.

Le ministre de la santé a précisé que «de bonnes quantités» seront disponibles à partir du 7 avril. Après cela, il sera possible de recevoir ces tests de plus en plus rapidement.

Il y a toujours des pénuries dans une pandémie. C'est pourquoi il faut un peu de temps avant que tout fonctionne correctement, a-t-il poursuivi. Mais ce sera le cas très rapidement, malheureusement pas avant Pâques. «Nous avons toutefois une semaine d'avance sur le calendrier.»

■  Mortalité record au Kenya

Régulièrement érigé en modèle de la lutte contre la pandémie en Afrique, le Kenya fait face depuis début mars à une puissante troisième vague de coronavirus. Les récentes mises en garde des autorités et la prolongation du couvre-feu annoncée le 12 mars n'ont pas suffi.

Le président Uhuru Kenyatta a annoncé vendredi l'isolement «jusqu'à nouvel ordre» de cinq comtés, dont la capitale Nairobi, après avoir égrené des chiffres inquiétants: taux de positivité aux tests multiplié par dix depuis janvier (de 2% à plus de 20%), mortalité passant de trois décès par jour en janvier-février à sept en mars, 20 personnes en soins intensifs en janvier contre 950 depuis le 12 mars.

Cette troisième vague apparaît plus dévastatrice que les deux premières: le 19 mars, le pays a enregistré son plus grand nombre de morts en une journée (28) depuis le début de la pandémie. Au 26 mars, 128.178 cas de Covid-19 avaient été recensés, pour 2.098 morts.

■  Voyager grâce à la réalité virtuelle

Les restrictions imposées par le Covid-19 suscitent un intérêt croissant pour les plongeons en réalité virtuelle grâce à de nouvelles applications, et le casque ou la console nécessaires à leur fonctionnement.

Les données sur l'utilisation des voyages en réalité virtuelle sont encore limitées, mais leurs développeurs assurent que la demande explose, comme Cezara Windrem, créateur de la plate-forme Alcove VR chez AARP Innovation Labs.

Avec une industrie du tourisme terrassée par la pandémie, la réalité virtuelle est devenue à la fois un substitut aux voyages dans le monde réel et un complément permettant de planifier ses prochains voyages. Tout est possible: une virée au Machu Picchu (Pérou), dans les forêts tropicales de Bornéo, un «road trip» à travers les Etats-Unis au volant d'un cabriolet, une visite des pyramides d'Egypte puis du Taj Mahal ou la découverte de l'Antarctique en kayak. 

Avant la pandémie, la réalité virtuelle et augmentée avait commencé à séduire les voyagistes et les offices de tourisme qui y ont vu le moyen de donner un avant-goût des séjours proposés. Pour les clients, c'est un moyen de peaufiner leur voyage, selon un rapport du cabinet d'études GlobalData.

Des équipes RH «ultra-solicitées» depuis un an

Règles sanitaires, télétravail massif, chômage partiel, négociations à distance... La crise du Covid-19 a mis en lumière le «rôle clé» mais parfois méconnu des équipes et directions des ressources humaines (RH) dans les entreprises ou la fonction publique.

Souvent déconsidérés pour leur rôle dans la mise en oeuvre des restructurations et suppressions d'emplois, les équipes RH sont «sollicitées non-stop depuis un an et ont dû prendre en compte les personnes dans toute leur dimension», relève Christophe Nguyen, spécialiste de la prévention des risques psychosociaux (burn-out, dépressions, suicides...) à Paris.

«La profession RH est fatiguée aujourd'hui», confirme Audrey Richard, présidente de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) en France. «Depuis le début de cette crise sanitaire, le DRH est vraiment en première ligne. Tout lui arrive de plein fouet avec la responsabilité d'aller très, très vite», mais «ça nous permet de montrer d'autres facettes de notre métier, notamment qu'on prend soin des salariés», note-t-elle.

En 2020, l'Association Nationale des DRH en France a constaté une «hausse de 50% des appels» à sa ligne téléphonique de soutien par rapport à 2019, selon sa présidente. Les équipes RH sont confrontées à «une quadruple crise: sanitaire, économique, sociale, psychologique», résume-t-elle.