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Didier Burkhalter lors des négociations de Genève sur Chypre, début 2017. 
© Keystone/Martial Trezzini

Réactions

Autour de Didier Burkhalter, un climat devenu pesant

En quittant le Conseil fédéral, le Neuchâtelois a sans doute voulu fuir un climat d’hostilité, analysent plusieurs parlementaires

La surprise, le choc et l’émotion. Ce sont les mots qui revenaient le plus souvent dans la salle des pas-perdus du Conseil national à l’annonce de la démission soudaine de Didier Burkhalter. Selon toute vraisemblance, le ministre des Affaires étrangères a jeté l’éponge en raison d’un climat qu’il ressentait comme de plus en plus pesant pour lui.

Lire aussi: Didier Burkhalter n'avait plus «le feu sacré total»

C’est Jacques-André Maire (PS/NE) qui esquisse cette analyse. «Didier Burkhalter est un homme de valeurs, un vrai libéral humaniste. Je pense qu’il vivait de plus en plus mal l’hostilité de la droite dure vis-à-vis de ses engagements pour une politique des bons offices, d’aide au développement et d’ouverture à l’Europe.»

En ce mercredi 14 juin, Didier Burkhalter a bataillé plus de deux heures sur plusieurs objets, dont notamment une motion de Markus Hausammann (UDC/TG) demandant un relèvement du prix du lait exporté pour lutter contre la faim dans le monde. Une hausse qui aurait cependant diminué de moitié le nombre de bénéficiaires. Qu’on puisse mettre sur un pied d’égalité le sort des paysans suisses et celui des populations qui meurent de faim a probablement beaucoup choqué Didier Burkhalter.

Le responsable du dossier européen a aussi beaucoup souffert du climat de plus en plus eurosceptique régnant en Suisse. C’est lui qui incarnait l’accord institutionnel qu’il voulait que la Suisse signe avec l’UE pour «rénover» la voie bilatérale. Mais cet accord prenait en compte l’avis de la Cour européenne de justice, des «juges étrangers» selon l’UDC, mais aussi selon le PDC et même selon plusieurs dirigeants de son propre parti, le PLR.

Un homme sensible

«Au sein du Conseil fédéral, Didier Burkhalter était de plus en plus isolé», constate le président du PDC Gerhard Pfister. Farouchement opposé à cet accord, le président de l’UDC Albert Rösti attend désormais de son successeur «qu’il tienne davantage à la Suisse et à sa souveraineté». Des propos révélateurs.

«Didier Burkhalter est un homme sensible. Il a sûrement été touché par des critiques souvent injustifiées à son égard», relève pour sa part Olivier Feller (PLR/VD). «Convaincu de la nécessité de l’accord institutionnel avec l’UE, il a senti qu’il n’obtiendrait pas de majorité sur ce sujet aussi bien dans son parti qu’au parlement et devant le peuple», ajoute-t-il.

Sur ce dossier, Didier Burkhalter part peut-être sur un constat d’échec. Mais à l’étranger, tout le monde ne retiendra que l’année flamboyante durant laquelle il a présidé l’OSCE en 2014. Nommé «envoyé spécial» durant la crise ukrainienne, l’ex-diplomate Tim Guldimann (PS/ZH) l’a accompagné à Moscou pour y rencontrer un Vladimir Poutine pourtant réputé intraitable. «Il a réussi à le convaincre de ne pas s’opposer à de nouvelles élections en Ukraine. Il a été brillantissime», témoigne Tim Guldimann. Son action, qui débouchera sur les accords de Minsk, sera saluée par ses homologues du monde entier, à commencer par le Secrétaire d’Etat américain John Kerry.

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Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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