Matériel de guerre

En pleine crise économique, la menace de pertes d’emplois - plus de 10’000 selon l’industrie de l’armement - l’a finalement emporté sur les considérations humanitaires et les couacs à répétition lors de vente d’armes. Les mesures de compensation prônées par l’initiative pour atténuer le choc dans les régions privées de ce débouché n’ont pas convaincu. Aucun canton n’a accepté l’initiative.

Plus de 1’797 millions de citoyens ont finalement considéré que les derniers tours de vis décidés par le Conseil fédéral permettraient d’éviter les abus et ont glissé un «oui» dans l’urne. Plus de 837’000 votants ont au contraire suivi la gauche et soutenu l’interdiction prônée par l’initiative.

Elle a enregistré son meilleur résultat à Genève, qui ne l’a repoussée que du bout des lèvres (51,8%). Suivent Bâle-Ville (53,1%) et Vaud (59,5%). En moyenne, les cantons romands ont davantage soutenu le texte du GSsA que le reste du pays. Le Jura le rejette par 61,1%, Neuchâtel par 62,8%

Droite satisfaite, gauche déçue

Les partis bourgeois - PLR, PDC et UDC - et les milieux économiques ont affiché une large satisfaction. Le PLR s’est surtout réjoui de la clarté du résultat. L’argument des places de travail menacées a certainement été déterminant, estiment les trois partis. Dans la situation conjoncturelle actuelle, l’initiative allait trop loin, selon le conseiller aux Etats Jakob Büchler (PDC/SG).

Pour l’Union patronale suisse (UPS), «cette décision préserve les emplois ainsi que le précieux savoir-faire technologique de notre industrie nationale de l’armement et des sous-traitants». RUAG, l’entreprise d’armement en mains de la Confédération, se réjouit pour ses employés et s’engage à s’en tenir au régime sévère en vigueur en matière d’exportations.

A gauche, la déception prévaut. Le PS entend maintenant prendre au mot les industriels et les opposants à l’initiative concernant le contrôle des exportations, a dit la conseillère nationale bernoise Evi Allemann. Le PS exige du Conseil fédéral qu’il applique la loi de manière plus restrictive par rapport au respect des droits de l’homme ou au problème des enfants-soldats, a dit Mme Allemann.

Le président des Verts Ueli Leuenberger s’est également déclaré déçu. Quant au GSsA, qui n’hésite pas à parler de «grand succès», il estime que le résultat constitue un signe de défiance à l’égard de la politique du Conseil fédéral. Environ un tiers des votants n’accepte pas que la Suisse alimente en armes les conflits dans le monde, note le groupe.

■ Trafic aérien

La modification de l’affectation de l’impôt sur le kérosène obtient un large Oui à plus de 65% des voix, selon les projections d ela SSR. Tous les résultats définitifs donnent le Oui gagnant.