Aux Chambres fédérales, le grand bond en avant des énergies renouvelables
Le parlement boucle une loi qui va permettre un approvisionnement énergétique basé sur les renouvelables. Albert Rösti a arraché des concessions à chaque camp
La question a occupé les élus fédéraux depuis l’électrochoc du non à la loi sur le CO2 en juin 2021. En cette fin de session d’automne, qui marque aussi celle de la législature, les deux chambres se sont mises d’accord sur une loi qui cadre l’approvisionnement du pays en énergies renouvelables. Les deux camps ont dû faire des concessions pour arriver à cet accord, signal important de la solidité de la loi. Le vote final aura lieu vendredi matin.
A gauche, on se félicite d’avoir réussi à maintenir dans le texte final le principe d’un «débit résiduel». Cette expression désigne l’eau que les centrales hydroélectriques doivent laisser couler sans la faire passer dans leurs turbines. Cette quantité minimum est capitale pour le maintien de la biodiversité, ont insisté plusieurs associations de protection de la nature, qui menaçaient de lancer un référendum si ce principe était attaqué dans la loi. Aux yeux de la droite, qui voulait affaiblir ce point, ce débit représente de l’énergie perdue pour les sociétés qui gèrent ces installations, et pour les consommateurs finaux. Le ministre de l’Energie, Albert Rösti, est parvenu à faire accepter à son camp que ce débit résiduel ne pourrait être turbiné qu’en cas de grave pénurie, selon une définition qu’il appartiendra au Conseil fédéral de rédiger.