Genève 

Aux Charmilles, la violente série noire qui inquiète

Evénement isolé ou révélateur d’un malaise plus profond? Un drame a endeuillé le quartier début janvier. Des élèves sont venus armés à l'école. Autorités, habitants et acteurs sociaux repensent la prise en charge des jeunes en rupture

«Les politiques ne voient pas ce qui se passe ici la nuit. Des bandes de jeunes font la loi dans le quartier. Les regarder dans les yeux, c’est prendre le risque de voir sa voiture rayée le lendemain.» Frej Youssef, président de l’association des parents d’élèves des Charmilles, à Genève, crie son impuissance. Etabli depuis quinze ans dans le quartier, ce père de famille se dit soucieux pour la génération à venir.

Ces derniers mois, les Charmilles ont connu une violente série noire. Le 19 janvier dernier à l’aube, un jeune de 18 ans ôtait la vie à un autre dans le parking souterrain du centre commercial. Dans le quartier déjà endeuillé par l’agression de Saint-Jean en 2017, dans laquelle le suspect est également impliqué, le drame a provoqué une onde de choc sans précédent. Pour ne rien arranger, on apprenait, quelques semaines plus tard, que trois élèves s’étaient rendus armés de pistolets «soft air» et d’un couteau au Cycle d’orientation de Cayla.