Fin juillet, le juge new-yorkais Edward Korman a ordonné le versement d'un montant total de 43,7 millions de dollars (sur le 1,25 milliard de dollars que compte le fonds de l'accord global créé en 1999) à diverses organisations juives. Et c'est le 2 août que la «Claims Conference», l'une des principales institutions chargées de distribuer les sommes de l'accord global conclu en 1998 entre les banques suisses et les organisations représentant victimes et survivants de l'Holocauste, a commencé à verser des indemnités aux victimes du travail forcé sous le nazisme, réparties dans 36 pays. Sous forme de 35 000 chèques de mille dollars chacun. Malgré ces bonnes nouvelles mais qui ne la concernent pas directement, Gizella Weisshaus, juive orthodoxe de Brooklyn, ne cesse de s'agiter depuis plusieurs mois et affirme ouvertement se sentir flouée par les organisations juives et les juges américains. Gizella Weisshaus, née en 1929, n'est pas n'importe qui: avec feue Estelle Sapir, elle était l'une des premières plaignantes contre les banques suisses (sa plainte date du 3 octobre 1996) et par la suite, «témoin star» d'Ed Fagan, défenseur des victimes, avec qui elle est venue s'exprimer sur la question des fonds juifs, en Suisse. Celle qui attend toujours sa part des 800 millions de l'accord global réservés aux possesseurs ou héritiers de comptes en déshérence suisses est par ailleurs la fondatrice de l'«Union des survivants de l'Holocauste». Plus important: c'est elle qui, tout récemment, a révélé à la rédaction d'Aufbau, bi-hebdomadaire juif de langue allemande édité à New York, que le juge Edward Kormann avait débloqué les premiers fonds pour des organisations juives. En fait, si Gizella Weisshaus mobilise autant journalistes et avocats – elle n'a pas hésité à écrire à Hillary Clinton –, c'est dans l'optique d'avoir directement accès à l'argent qui lui est dû, sans passer par des organisations juives. Car cela signifierait attendre encore davantage et probablement ne jamais voir la couleur des billets convoités. Estelle Sapir, décédée en 1999 à l'âge de 72 ans, avait, elle, exceptionnellement reçu en août 1998 500 000 dollars suite à un accord passé avec le Credit Suisse sur des avoirs en déshérence ayant appartenu à son père. Mais n'en a pas profité: une bonne partie de la somme serait restée dans les bras de l'avocat Ed Fagan et le reste, sujet de disputes au sein famille…