Elles ont créé des merveilles de la nature, tout en étant exploitées depuis des siècles par l’activité productive des hommes. Entre rive et moulin, grotte et barrage, île et fabrique, «Le Temps» vous invite à suivre le fil de cinq cours d’eau romands, en évoquant leur passé industrieux et le défi écologique du présent.

Episodes précédents:

Une «rivière presque ordinaire». C’est ainsi que Raymond Gruaz qualifie tendrement la Venoge, avec la retenue vaudoise de circonstance. Sur un ton mystérieux, l’homme de 81 ans au pas leste et à la barbe immaculée conte la rivière depuis le commencement. C’est ici, dans le village de L’Isle, au pied du massif du Jura, que démarre son histoire. Un lieu originel, tout à la fois source pour le cours d’eau et berceau de naissance pour l’homme qui accepte généreusement d’en livrer les secrets le temps d’une balade. Itinéraire poétique au cœur du pays de Vaud, à travers les méandres d’une rivière longtemps domptée dont la renaturation est en cours.

Selon les célèbres vers de Jean Villard-Gilles, qui chante avec amour l’alter ego des Vaudois, la Venoge «se plaît à traînasser, à se gonfler, à s’élancer, capricieuse comme une horloge». Partir sur ses traces suppose aussi de se laisser porter par son rythme, surprendre par ses recoins bucoliques aux apparences tranquilles. Longue de 38,43 km, la Venoge parcourt le pays vaudois de L’Isle à Saint-Sulpice à un débit moyen de 4,16 m3/s. Affluent du Rhône qui se jette dans le Léman, elle possède un bassin de 236 km2 et six sources principales, toutes situées sur les hauts de L’Isle. Les deux plus importantes sont le Chauderon et le Puits. A quelques mètres à l’est du Chauderon, une septième source nourrit la Venogette, un affluent de la Venoge. Baptisée à l’origine Venobia, nom probablement d’origine celtique, la rivière ne devient Venoge qu’au XIVe siècle.