Les Suisses se sont montrés disciplinés. Même durant le week-end pascal, et malgré l’incapacité d’une minorité à résister à la tentation d’aller prendre le soleil en groupe, ils ont suivi les consignes du Conseil fédéral. Aujourd’hui, en retour, le gouvernement doit mieux entendre les appels de ces hommes et de ces femmes, de ces pères de famille et cheffes d’entreprise qui veulent vivre du revenu de leur travail et non d’aides de l’Etat dont on ne sait pas ce qu’elles compenseront exactement.

Ce sont ces hommes et ces femmes qui demandent, maintenant que le pic de la pandémie semble passé et que les nouvelles infections diminuent, la reprise de la vie économique et sociale. Ce sont ces hommes et ces femmes qui ont monté leur propre entreprise ou choisi d’exercer, souvent par passion, une activité indépendante dont ils ne pouvaient imaginer qu’ils devraient l’interrompre aussi abruptement. Or ces indépendants, souvent actifs dans le domaine de la santé, ont été exclus des soutiens financiers dans un premier temps. Ils pourront finalement toucher une allocation journalière pour perte de gain. C’est mieux que rien.


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Le scénario de sortie de crise du Conseil fédéral était, logiquement, très attendu. Il offre des perspectives à partir du 27 avril. Il esquisse une piste pour la reprise de l’école. Mais il ne résout de loin pas tout et garde un côté arbitraire. La majorité des commerçants devront patienter jusqu’au 11 mai pour accueillir à nouveau leurs clients, même ceux dont la branche faîtière a déjà élaboré des règles sanitaires comparables à celles qui sont en vigueur dans l’alimentation. Or les grandes surfaces seront, elles, autorisées à vendre la totalité de leur assortiment dès le 27 avril. Cette inégalité de traitement rend leur impatience compréhensible.

Les propriétaires de restaurants et les organisateurs de manifestations doivent encore patienter, car ils exercent des activités dans des domaines où les contacts sont nombreux. Comme il est absolument fondamental d’écarter le risque d’une seconde vague de Covid-19, il est malheureusement inévitable de reporter à plus tard la reprise des manifestations qui réunissent un très grand nombre de personnes. Il faut se souvenir que beaucoup de cas de contamination ont eu pour cadre de tels rassemblements. Mais ces hommes et ces femmes sont aussi en droit d’avoir une décision rapide du Conseil fédéral.