«Avantage: PDC.» La démission de Pascal Couchepin marque l’ouverture de «l’une des plus longues campagne d’élection» au Conseil fédéral, souligne la NZZ am Sonntag. A l’instar de son concurrent Sonntag, le dominical zurichois estime que pour l’heure le camp démocrate-chrétien dispose des «meilleures cartes» pour placer l’un de ses candidats.

L’été sera bel et bien placé sous le signe du combat PDC-radicaux, constatent l’ensemble des hebdomadaires du dimanche. Les deux partis doivent désormais cultiver les jeux d’alliance.

Mais qui tient qui par la barbichette? Le PS sera le «faiseur de roi», aux yeux de Sonntag. «Je suis le seul président de parti à avoir un été tranquille devant lui», s’amuse pour sa part le socialiste Christian Levrat. Ce dernier estime que, mathématiquement, tant les radicaux que les démocrates-chrétiens ont droit de revendiquer le siège de Pascal Couchepin, selon que l’on tient compte de la force électorale ou du groupe parlementaire des formations. «Nous ne dirons plus rien sur les candidats jusqu’au 15 août», précise toutefois le socialiste fribourgeois, selon lequel le PS a fait, par le passé, des bonnes expériences aussi bien avec le PDC que le PLR. Pour Christian Levrat, l’appartenance politique du candidat sera au final moins importante que la personne. Les socialistes exigent que le futur candidat soit prêt à entreprendre une grande réforme des assurances sociales, et notamment ouvert à l’idée de réunir toutes les assurances sous un même toit - et derrière un même «guichet».

Un candidat PDC grâce à une majorité rose-verte-démocrate-chrétienne-vert-libérale-évangélique? Gare aux pronostics trop rapides, préviennent les dominicaux. L’écologiste Daniel Vischer, par exemple, interrogé par la NZZ am Sonntag, ne voit pas quel intérêt aurait le camp rose-vert à opter pour un PDC. Car dit-il, cela réduit les chances d’une triple représentation rose-verte au gouvernement dans le futur. Si aucun vert n’entre dans la danse, Daniel Vischer votera radical. Par ailleurs, rappellent les différents journaux, certains démocrates-chrétiens appartenant à l’aile droite du parti pourraient également jouer les troubles-fêtes. Enfin, c’est oublier que les socialistes auront bientôt, eux-mêmes, un siège à défendre, notamment face aux verts, et alors que les sociaux-démocrates essuient un revers un peu partout en Europe...

Et l’UDC? Christoph Blocher répète ce que le parti a déjà annoncé vendredi matin. S’ils veulent compter sur le soutien des démocrates du centre, les radicaux devront aider l’UDC à reconquérir son deuxième siège, ce qui met en péril le siège d’Eveline Widmer-Schlumpf. A noter que Christophe Blocher annonce qu’il ne se portera plus candidat lui-même, «car les autres vont de toute façon dire non». Mais le président du PLR Fulvio Pelli prévient que son parti ne «vendra pas son âme». «Si l’UDC ne nous soutient pas, elle n’a pas de chance d’avoir un deuxième siège lors des prochaines élections au Conseil fédéral», note le Tessinois, qui répète dans plusieurs journaux ne pas se porter candidat. Dans la SonntagsZeitung, Fulvio Pelli précise toutefois: «L’UDC a droit à deux sièges. Mais il y a un problème, car Madame Widmer-Schlumpf n’est plus à l’UDC.» Pour cette législature, estime-t-il, les cartes sont distribuées. Mais si le parti bourgeois démocratique (PBD) veut légitimer le siège de sa ministre à l’avenir, il devra fortement progresser aux prochaines élections...

Ne sous-estimons pas le PBD et ses six voix, soulignent les dominicaux. Hans Grunder, le président des dissidents de l’UDC prévient quand à lui que si les radicaux cèdent aux demandes de l’UDC contre Eveline Widmer-Schlumpf, «alors, nous voterons pour le candidat PDC». Dans le SonntagsBlick, le président du PDC Christophe Darbellay souligne pour sa part que son parti «estime la grande qualité du travail de la conseillère fédéral Eveline Widmer-Schlumpf.» Aux yeux du SonntagsBlicK, le président du PDC fait par-là, déjà, une offre au PBD: «Si Madame Widmer-Schlumpf continue de la sorte, elle sera réélue.»

Enfin, le débat sur la non-latinité d’Urs Schwaller, l’éternel joker du PDC, ne fait que s’ouvrir, constatent les journaux. «Cela me fait de la peine pour Monsieur Schwaller, tranche Fulvio Pelli, mais il n’est pas un Romand. Le conseiller aux Etats Schwaller est un Suisse-allemand.» L’origine fribourgeoise de Urs Schwaller risque également de jouer en sa défaveur aux yeux du PS. Ce weekend, le carrousel des prétendants radicaux et démocrates-chrétiens s’est agrandi. Le vice-président de la FMH, le conseiller national radical tessinois Ignazio Cassis pourrait être, selon la NZZ am Sonntag, la botte secrète du parti. Ce qui, pour la petite histoire, fait dire à l’UDC Toni Bortoluzzi: «Si l’élection aboutit à un duel Cassis-Schwaller, je peux sans autres aller au café pendant le vote.» Pour le reste, soulignons que le libéral Christian Lüscher est crédité de bonnes chances aux yeux des journaux alémaniques, qui signalent encore, au rang des papables, les PDC Jean-Michel Cina et Jean-René Fournier, tous deux valaisans.

Et Pascal Couchepin dans tout ça? Le ministre valaisan, qui avait convié un journaliste du Blick au moment de signer sa démission, a accordé une grande interview au Matin Dimanche. Grande interview dans laquelle il donne un éventuelle piste sur son avenir: «J’aimerais notamment rester en relation avec les jeunes, les étudiants», dit-il. Est-ce à dire que le valaisan étudiera avec toute l’attention requise l’offre de Patrick Aebischer, le président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)?