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Avec leur initiative, les pro-européens de Suisse cherchent leur voix

Pilotée par un mouvement qui s’essouffle, soutenue par un seul parti parlementaire, l’Initiative Europe interroge, au moment où les négociations avec l’UE ont débuté. Analyse

Agrandir l'image Sanija Ameti, coprésidente du mouvement Opération Libero, et Nicolas Walder, conseiller national genevois, vice-président des Verts·e·s, présentent l’Initiative Europe. Berne, le 2 avril 2024. — © PETER KLAUNZER / keystone-sda.ch
Sanija Ameti, coprésidente du mouvement Opération Libero, et Nicolas Walder, conseiller national genevois, vice-président des Verts·e·s, présentent l’Initiative Europe. Berne, le 2 avril 2024. — © PETER KLAUNZER / keystone-sda.ch

Lire le mot «Europe» dans la Constitution suisse. Voilà une perspective pour laquelle Sanija Ameti, la coprésidente du mouvement Opération Libero, est prête à travailler d’arrache-pied durant les dix-mois mois à venir. A cette échéance, l’Alliance Europe – qui a présenté ce jour son initiative pour une Suisse forte en Europe – doit avoir récolté 100 000 signatures afin de soumettre le texte en votation populaire. «La Confédération participe activement à l’intégration européenne», dit le texte. L’alinéa suivant précise: «Elle conclut à cette fin des traités internationaux avec l’Union européenne permettant une participation durable et évolutive aux libertés du marché intérieur européen et à d’autres domaines de la coopération européenne, notamment la culture, la formation, la recherche et la protection du climat.» Le texte reste volontairement vague, laissant le choix des détails au Conseil fédéral et au parlement.

Le but avoué des initiants est de «passer à l’offensive», au moment où les anti-européens accaparent le débat depuis le lancement officiel des négociations entre le Conseil fédéral et l’Union européenne (UE) en vue de la conclusion de un à plusieurs accords qui régleraient les relations entre les deux entités. «Il faut oser porter une aspiration à plus d’Europe», a lancé Nicolas Walder, conseiller national vert et vice-président du seul parti à soutenir ce texte. «Depuis 1992, notre erreur a été de laisser l’espace libre aux eurosceptiques, alors que la moitié de nos exportations prennent la direction de l’UE, qui regroupe les pays qui nous sont les plus proches, également dans les valeurs à défendre et les systèmes politiques», a souligné le Genevois, pour lequel «cette Union a de beaux jours devant elle. Elle ne craquelle pas, malgré ce que ses adversaires avaient prédit.» Et l’élu de citer plusieurs textes portés par l’UE qui en font «un moteur en matière sociale, sociétale et écologique». L’isolationnisme de l’UDC, qui préfère commercer avec Poutine et Xi Jinping, est un danger pour la Suisse, conclut-il.

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