1997: la Libye, avec l’aide d’Abdul Qadeer Khan le «père» de la bombe atomique pakistanaise commence un programme d’armement nucléaire secret.

2001-2003: collaboration présumée des frères Urs et Marco Tinner avec Abdul Qadeer Khan dans le cadre du programme secret libyen. Friedrich Tinner – le père – serait également impliqué.

2004: le Ministère public fédéral ouvre une enquête contre les frères Tinner et leur père. Ils sont arrêtés. Le père sera remis en liberté en 2006.

1er novembre 2006: le Conseil fédéral reconnaît le caractère ultrasensible de certaines informations et approuve la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Dans la presse, premières spéculations sur le fait que les Tinner auraient en réalité travaillé pour la CIA.

■ 14 novembre 2007: le Conseil fédéral ordonne la destruction des documents sensibles.

■ Mars 2008: le dossier est transmis au juge d’instruction fédéral Andreas Müller par le parquet. Le magistrat découvre que des pièces manquent au dossier.

■ 23 et 23 mai 2008: le président de la Confédération Pascal Couchepin, le ministre de la défense Samuel Schmid et l’ancien ministre de la justice Christoph Blocher défendent la destruction de ces documents. Selon le Tribunal pénal fédéral, les avocats des prévenus étaient au courant de l’ordre de destruction.

2 septembre 2008: l’avocat d’Urs Tinner confirme que la famille a touché un million de dollars de la CIA.

Noël 2008: après quatre ans, Urs Tinner n’est plus en détention préventive. Son frère Marco reste en revanche en prison.

22 janvier 2009: la délégation des commissionsde gestion publie son rapport. Elle met à jour un grand nombre d’informations encore inconnues éclairant le rôle joué par les différents services suisses et américains impliqués dans l’affaire et estime que la destruction de toutes les pièces à conviction ordonnée par le Conseil fédéral était «disproportionnée».

1er avril 2009: des copies des documents sont découvertes dans les archives du Ministère public de la Confédération.

■ 24 juin 2009: le Conseil fédéral décide qu’une partie des documents retrouvés sera bel et bien détruite, mais veut rendre accessibles la plupart des dossiers à la justice et aux prévenus.

30 juin 2009: la délégation des commissions de gestion demande au Conseil fédéral de revenir sur sa décision et de ne pas détruire les documents.

1er juillet 2009: le Conseil fédéral refuse la demande de la délégation des commissions de gestion.

8 juillet 2009: le Conseil fédéral refuse de restituer les documents liés à la technologie nucléaire, comme le demande le juge d’instruction. Le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, indique que cette décision est définitive.

9 juillet 2009: l’Office des juges d’instruction fédéraux perquisitionne les locaux de la police judiciaire fédérale et met un coffre-fort sous séquestre. Il contient la clé qui donne accès aux documents controversés, lesquels sont sous scellés.