Les masques de protection, leur efficacité, leur absence, leur production, sont au cœur des préoccupations ces jours. Nous y consacrons une série d’articles.

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Ils sont bleus, blancs ou orange, avec ou sans filtre, chirurgicaux ou moulés, et sont omniprésents dans les rues de Lausanne. De plus en plus d’habitants portent désormais un masque de protection. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé a décrété une pénurie mondiale et les pharmacies sont toutes en rupture de stock. Où l’ont-ils trouvé?

«On se protège et on vous protège»

Si certains Lausannois ont préféré éviter cette question, d’autres ont accepté de répondre à plus d’un mètre de distance. C’est le cas d’Eddy, 27 ans, qui a reçu quatre exemplaires de France. «Ma sœur est infirmière là-bas, indique-t-il. Je les porte par mesure de précaution, parce que je travaille dans le bâtiment.» Comme il en a peu, il les lave et les réutilise. Une Lausannoise de 52 ans fait de même. «J’ai la gorge sensible donc j’ai toujours des masques chez moi pour faire le ménage. Je les ai depuis dix ans et les rembourre avec des mouchoirs. J’en porte un tout le temps pour éviter d’être contaminée.»

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Une dizaine de personnes interrogées travaillent dans le milieu hospitalier ou dans un établissement médico-social. Parmi elles, une clinicienne qui profitait de son jour de repos pour faire ses courses. «L’ensemble du personnel est obligé de porter un masque, rappelle-t-elle. On se protège et on vous protège. Tout le monde devrait en porter un, car on ignore si on est porteur sain.» Qu’ils soient travailleurs sociaux, ingénieurs en électronique, garagistes ou plâtriers, des habitants profitent aussi de leur activité professionnelle pour se vêtir d’un masque au quotidien. Gaetano, lui, travaille dans la construction métallique. «Je garde mon masque avec filtre pour ne pas risquer de contaminer ma copine qui est enceinte.»

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L’inquiétude des personnes fragiles

Des Lausannois prévoyants ont acheté les leurs avant le confinement. «J’ai subi une grosse opération de la gorge et pour prévenir les risques, j’ai acheté 300 masques, raconte David. Il m’en reste peu et je me demande comment je vais faire après.» Une inquiétude que partage Solange, qui souffre d’une maladie pulmonaire. «On n’en trouve plus alors que je dois en porter un tous les jours.» D’autres ressortent les masques qui traînaient dans un tiroir. «Nous en avions acheté il y a six mois pour protéger notre enfant quand nous avions la grippe», répond un couple. «Mon mari avait des problèmes de santé, confie une retraitée. J’ai ressorti les masques que j’avais rangés en juin, lors de son décès.»

Dans cette course aux masques, la solidarité est également présente. Ainsi, une résidente a fait le tour de son voisinage pour offrir des masques qu’elle avait achetés pour ses proches installés en Chine et une épicerie a offert une dizaine de masques aux commerçants voisins pour qu’ils puissent se protéger et continuer leurs activités. L’un d’entre eux a été démarché par un fournisseur de masques italien la semaine dernière et dispose de 100 pièces.