L’armée suisse a senti le vent du boulet, elle qui n’avait pas essuyé le feu depuis le Sonderbund, la guerre civile, en 1847. L’acceptation en rase-mottes, le 27 septembre, du crédit de 6 milliards pour l’achat d’avions de combat aura été un sérieux signal, surtout en Suisse romande, pour une remise en question du rôle de l’armée et l’orientation de la politique fédérale de sécurité. Le refus d’acquérir le Gripen suédois en 2014 résultait en partie des doutes sur les performances de l’appareil choisi. L’affaire Crypto, cette société de cryptage infiltrée par les services secrets allemands et américains, a également instillé la méfiance sur la capacité de la Suisse à préserver le dogme de la neutralité et le principe sacré de l’indépendance en matière de sécurité. On verra enfin ce dimanche, avec le résultat de l’initiative «Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre» quelle influence le mouvement pacifiste et les nouvelles exigences éthiques auront gagnée cette dernière décennie.