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Francisco Agullo a notamment piloté le mythique Douglas DC-3.
© Wikimedia Commons/Phil Vabre

Crash de la Ju-Air

«Les avions historiques ne sont pas dangereux»

Alors que la décision de Ju-Air de reprendre ses activités soulève des questions, le pilote chevronné Francisco Agullo défend l’utilisation de ces appareils anciens

La décision de la Ju-Air de relancer ses vols dès le 17 août a soulevé de nombreuses critiques alors qu’à peine deux semaines se sont écoulées depuis le crash d’un de ses avions qui a fait 20 morts. Cette semaine, le responsable des pilotes Andreas Pfisterer a défendu la position de l’association. Quels risques comporte l’utilisation d’appareils anciens? Le pilote Francisco Agullo défend l’idée de la sûreté et la fiabilité des avions historiques. Pilote chevronné, il a accumulé de nombreuses heures de vol avec des avions de toutes sortes, notamment le mythique Douglas DC-3 ou le Super Constellation.

Le Temps: Les vieux avions sont-ils plus dangereux que les appareils modernes?

Francisco Agullo: C’est malheureusement ce qu’ont prétendu certains experts à la télévision le soir de l’accident. Cette affirmation nous a choqués car elle n’est pas vraie. Les avions historiques ne sont pas dangereux. Ce sont des appareils que l’on maintient en parfait état de vol et que l’on soumet à des contrôles très réguliers des autorités compétentes. Tout dépend, en réalité, de la façon d’exploiter un vieil appareil en tenant compte de ses capacités: si un avion est exploité dans son domaine de vol, il n’est pas dangereux.

Donc a priori, ce n’est pas un problème technique qui aurait causé l’accident?

Nous ne pouvons pas nous prononcer sans le résultat de l’enquête. Quand nous avons fait le tour du monde en DC-3, nous n’avons pas annulé un seul vol ni raté un seul rendez-vous d’étape. Et puis, je connais bien les membres de Ju-Air, ce sont des gens compétents, sérieux et expérimentés. Cela faisait trente-cinq ans qu’ils volaient sans jamais avoir eu d’accident.

Que pouvez-vous dire sur les conditions du crash?

L’accident s’est produit dans une région montagneuse, à haute altitude pour un avion de ce type, un jour où il était chargé de passagers et où la température était élevée, donc la masse d’air était moins dense. Ce genre de conditions s’approche des limites de performance d’un Junkers. Sa marge de manœuvre était limitée, de par le terrain et les conditions météorologiques.

Les pilotes auraient-ils pris des risques en s’aventurant dans une vallée encaissée?

Dans les conditions où ils volaient, un accident technique ou une erreur humaine peut devenir critique lorsqu’on n’a pas la place pour manœuvrer. Cependant, je ne connais pas assez la région pour me prononcer là-dessus. Ce que je peux dire, c’est qu’il s’agissait de pilotes très expérimentés et qui connaissaient parfaitement ces montagnes. Aucune hypothèse dans la presse n’explique pourquoi ils ont décroché de manière aussi abrupte.

Dans le cas improbable d’un souci technique, le Junkers disposait de trois moteurs. Et si ces moteurs avaient tous cessé de fonctionner, il aurait continué à planer, il ne serait pas tombé en flèche. A mon avis, ce fut un enchaînement d’événements dans lequel une erreur humaine n’est pas exclue. Même avec beaucoup d’expérience, personne n’en est jamais à l’abri, et de telles erreurs expliquent 80% des accidents d’avion.

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