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Nicolas Blancho, à droite, à l'ouverture de son procès mercredi 16 mai 2018 à Bellinzone
© Alessandro Crinari

Procès

Les avocats des salafistes rejettent toutes les accusations

La vidéo d'un chef d'Al-Qaïda en Syrie était du «journalisme», selon les dirigeants du Conseil central islamique jugés à Bellinzone

Les défenseurs des trois cadres du Conseil central islamique suisse ont plaidé l'acquittement jeudi, au deuxième jour de procès au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Le premier avocat à prendre la parole en ouverture d’audience jeudi matin a été le défenseur de Naim Cherni, 26 ans, fils d’une Allemande et d’un Tunisien, résidant à Berne et chargé du département culturel du Conseil central islamique suisse (CCIS).

Me Michael Burkard a rappelé que la loi interdit effectivement la propagande de groupes terroristes liés à Al-Qaïda ou à l’Etat islamique mais a souligné: «Il n’appartient pas à l’accusé de prouver son innocence mais à l’accusation de prouver sa culpabilité.» 

A ce sujet: A Bellinzone, un choc entre islamistes muets et procureure loquace

Pour l’avocat bernois, les deux films vidéos réalisés en Syrie par son client, et qui selon le MPC propageraient une idéologie en faveur du djihad violent, sont «des documentaires journalistiques tournés par un profond connaisseur de la Syrie, qui n’a jamais eu l’intention de fraterniser avec des organisations fondamentalistes».  

Liberté de la presse

Me Burkard a aussi insisté sur la liberté de presse: «Les vidéos de mon client sont uniquement des productions journalistiques.» Le défenseur du chargé de communication du CCIS faisait notamment allusion aux deux films incriminés: l’un montre un ex leader syrien d’Al Qaïda incitant la foule et second donne la parole au prédicateur saoudien Abdullah al-Muhaysini, un chef terroriste notoire selon l’accusation. «Rien ne le prouve» a conclut l’avocat de Naim Cherni qui a requis l’acquittement de son client et une indemnisation symbolique de 200 francs.

Lire aussi l'opinion: Salafisme en Suisse: le procès qui en dit long

La parole est ensuite passée à Me Lorenz Hirni, l'avocat de Qaasim Illi, responsable de la communication du CCIS. Cet informaticien suisse alémanique âgé de 35 ans et converti à l’islam – il s’est choisi des prénoms arabes après sa conversion – est lui aussi accusé de violation de la loi fédérale qui interdit la propagande en faveur de groupes terroristes. Son rôle aurait été celui d’offrir une «plate-forme multimédia et plurilingue» aux vidéos réalisées par Naim Cherny en Syrie. La ligne de défense de Me Hirni a été similaire à celle de son confrère: «Pas de propagande en faveur du djihad islamiste, aucune preuve que le prédicateur saoudien al-Muhaysini était réellement affilié à Al Qaïda, aucune idéologie terroriste» de la part de son client. Il a même tenté un subtil distinguo entre «djihadiste» (ce que serait al-Muhaysini) et «terroriste» (ce qu'il ne serait pas). L’avocat de Qaasim Illi a donc plaidé en faveur de l’acquittement et d’une indemnisation symbolique de 200 francs.

L’audience doit reprendre dans l’après-midi avec la plaidoirie de Me Lukas Bürge, l’avocat de Nicolas Blancho, 34 ans, fondateur du CCIS. La sentence sera prononcée le 15 juin prochain.

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