Le Temps: Les retards sont fréquents et l'insatisfaction des usagers grandit. Comment comptez-vous y remédier? Andreas Meyer: Nous mettons au point un nouveau système de ponctualité clientèle et faisons office de pionnier en Europe. Nous sommes en mesure de faire des estimations périodiques. J'espère que ce sera prêt en 2009. Sur le terrain, nous procédons à des évaluations régulières. Cela nous permet de définir les endroits où nous devons ajouter des trains.

- S'ils sont souvent confrontés à des retards, les gens estiment qu'ils n'en ont pas pour leur argent.

- J'aimerais rappeler le droit qu'ont les clients d'obtenir une compensation. Lors de grosses perturbations, nous offrons des bons aux voyageurs concernés.

- Mais les usagers ne connaissent pas ce droit.

- Dans les cas les plus extrêmes, les CFF proposent spontanément une compensation. Mais il y a sans doute des cas où cela n'a pas été fait car on pensait que tout rentrerait dans l'ordre rapidement.

- Lorsque se produit une telle panne, les passagers restent parfois plusieurs heures sans savoir ce qui se passe. C'est ce que les voyageurs ont vécu à Lausanne. L'information est-elle suffisante?

- L'information en cas de grosses perturbations est encore problématique. Nous avons un problème particulier entre Lausanne et Genève. Lorsqu'il s'y produit une coupure de ligne, comme ce fut le cas deux fois cette année, nous ne pouvons pas organiser la mise en place de trains de remplacement, car il n'y a pas d'itinéraire de contournement. Il y a d'un côté la vigne, de l'autre le lac. La seule possibilité est de mettre sur pied un service de bus. Mais nous n'avons pas ces bus à disposition en permanence. Nous devons les commander. Après chaque incident, nous procédons à une analyse et tentons de comprendre ce qui n'a pas marché. Nous venons d'introduire le système d'information par téléphone portable «Navigo», qui avertit les clients des dérangements.

- Les usagers de la ligne Lausanne-Genève ont le sentiment d'être les mal-aimés du réseau. La succession de pannes signifie-t-elle qu'il y a un défaut d'entretien sur cette ligne?

- Pas du tout. A Morges, nous avons eu une rupture de contact. Ce n'est pas une question d'entretien. Sur cet axe, la ponctualité n'est pas moins bonne que sur d'autres secteurs très chargés du réseau.

- Le Conseil fédéral doit désigner le nouveau président du conseil d'administration. Quel est pour vous le profil du président idéal?

- Quelqu'un qui a une bonne sensibilité entrepreneuriale, qui connaît bien le système suisse...

-... qui ne lit pas les lettres d'economiesuisse? -... il doit les lire, mais il doit aussi bien s'entendre avec la direction des CFF et nous laisser la marge de manœuvre dont nous avons besoin.