Sans surprise, l’opposition la plus nette est venue de la gauche lors du vote sur l’ensemble. Mercredi, lors de la première partie du débat, Liliane Maury Pasquier (PS/GE) avait critiqué «une demi-mesure», insuffisante à ses yeux pour contrebalancer les inégalités de fait qui continuent de frapper les femmes. Elle s’était aussi élevée contre le ralentissement prévu de l’adaptation des rentes à l’inflation.

De son côté, une bonne partie du PLR et de l’UDC avait annoncé qu’elle ne soutiendrait le projet que du bout des lèvres, au mieux. Pour ce camp, la situation de l’AVS ne permet pas de déroger à une baisse purement mathématique des rentes. Il jugeait en outre le système proposé mal ciblé et arbitraire.

Le dossier retourne au Conseil national. Ce dernier devra en particulier se prononcer sur le concept, adopté mercredi par le Conseil des Etats, visant à faciliter financièrement le départ de la vie active dès 60 ans pour les personnes gagnant moins de 82’080 francs par an.

Ce «compromis», qui prévoit que les rentes soient modulées en fonction du revenu et du nombre d’années d’anticipation, devrait être financé par les caisses fédérales à hauteur de 400 millions de francs par année. Il serait limité à dix ans et ne vaudrait pas pour les rentes versées à l’étranger.

Le National n’a pas voulu en mars 2008 accorder un tel coup de pouce. Il s’est contenté d’augmenter d’un an l’âge de la retraite des femmes, avec à la clé plus de 800 millions d’économies pour le 1er pilier. Le Conseil des Etats a fait de même mais, contrairement à la Chambre du peuple, il a jugé nécessaire de compenser le sacrifice demandé vu l’échec de la précédente mouture de la 11e révision de l’AVS et les nouvelles menaces de référendum.

Quant à l’idée de «rente-pont» proposée initialement par Pascal Couchepin pour un cercle limité de personnes, elle est désormais définitivement enterrée. Les sénateurs ont emboîté le pas à leurs collègues députés en refusant d’entrer en matière. Ce volet n’a donné lieu à aucune discussion.