La détention administrative d’Ayop Aziz a pris fin ce jeudi matin, a appris «Le Temps». Me Pierre Bayenet, l’avocat du jeune Tchadien, blessé dans l’incendie des Tattes et dont le renvoi forcé a finalement été annulé, précise que c’est l’officier de police qui a pris cette décision en raison de l’incertitude qui pèse désormais sur le sort de ce garçon. Une procédure d’asile le concernant vient d’être ouverte en Suisse et son maintien sous bonne garde de l’autorité dans la perspective d’un prochain départ ne fait plus sens.

«La décision de mise en liberté était la seule décision raisonnable à prendre», relève Me Bayenet qui avait d’ailleurs saisi le Tribunal administratif d’une demande en ce sens. Les juges n’auront finalement pas à se se prononcer. Placé en détention administrative le 27 mars dernier suite à son refus d’embarquer dans l’avion qui devait le ramener en Espagne, son premier pays d’enregistrement dans l’espace Schengen, Ayop Aziz a d’abord été envoyé au centre de Favra avant d’intégrer l’unité hospitalière de psychiatrie pénitentiaire à Curabilis. Selon son avocat, les médecins l’ont aussi déclaré prêt à quitter cette unité de crise.

Le cas de ce garçon de 19 ans, blessé à la tête lors du sinistre qui a ravagé le foyer pour requérants d’asile des Tattes et partie plaignante dans la procédure pénale ouverte à la suite de ce sinistre, a suscité une intense mobilisation à Genève. Candidat forcé à un départ, Ayop Aziz devait être mis sur un vol spécial lundi matin mais le conseiller d’Etat Pierre Maudet a renoncé, à la dernière minute, à faire exécuter cette décision. La pression politique était forte et le risque d’une complication médicale pas exclu.

Le sursis ainsi octroyé permet au Tchadien de faire examiner sa demande d’asile en Suisse, de participer à la procédure pénale concernant l’incendie et de continuer à se faire soigner. Mis en prévention par un procureur pour opposition aux actes de l’autorité et insultes, il doit aussi répondre de son comportement lors du renvoi avorté.