Le conseiller national Philipp Müller (PRD/AG) dénonce les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS) concernant les étrangers actifs sur le marché du travail. 57,6% des étrangers venus en Suisse en 2002 ou 2003 pour y travailler et qui sont au bénéfice d'un permis d'établissement ou d'une autorisation de séjour ont une licence universitaire ou un diplôme équivalent, assure l'OFS. Faux! rétorque, dans les pages de la SonntagsZeitung, Philipp Müller, spécialiste de la politique des étrangers. Le conseiller national s'appuie, lui, sur les chiffres du Registre central des étrangers (RCE) de l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration. Selon ses calculs, tout au plus 33% des étrangers venus alimenter le marché du travail suisse en 2003 (une personne active sur cinq est étrangère) exercent un métier qui exige une licence universitaire. Par contre, pas moins de 48,6% seraient actifs dans des domaines se contentant de basses qualifications. A titre de comparaison, 26,4% des Suisses actifs en 2003 bénéficiaient d'une formation de degré tertiaire (universitaire ou équivalent), selon l'Enquête suisse sur la population active (ESPA).

L'OFS chercherait-il à enjoliver ses chiffres à des fins purement politiques? «On veut toujours nous rassurer en faisant croire que tout fonctionne bien dans le domaine de étrangers!» soulève Philipp Müller. Selon la SonntagsZeitung, l'OFS ne se serait en fait basé que sur un échantillon peu représentatif de 600 personnes pour parvenir à ses conclusions. Tout comme Denis Torche, responsable de la politique des étrangers au sein de Travail.Suisse, Peter Hasler, le directeur de l'Union patronale suisse, n'hésite pas à dénoncer le comportement non professionnel de l'OFS. Et de souligner que l'office a multiplié ces dernières années des interprétations audacieuses sur des sujets politiquement chauds. Les chiffres de l'OFS et du RCE diffèrent également s'agissant des différents secteurs dans lesquels travaillent les immigrés. Selon l'OFS, seuls 3,5% des étrangers récemment arrivés sont actifs dans la construction, contre 9,7% pour le RCE.