Sécurité

Les bagarres, un prix à payer pour le festival de Montreux

Des affrontements ont éclaté samedi soir en marge du Montreux Jazz Festival. Situé en ville, l’événement est particulièrement vulnérable

«Que se passe-t-il dehors à Montreux?» s’inquiétait un festivalier dans la nuit de samedi à dimanche. Au même moment, vers 1h du matin, un groupe d’une cinquantaine de jeunes s’en prenait aux forces de l’ordre. Ces affrontements ont eu lieu sur les quais et au parc Jean Villard-Gilles, en marge du Montreux Jazz. Jets de bouteilles en verre, bus caillassés, routes bloquées, la tension était grande. Les agents ont dû faire usage de leurs sprays de défense pour ramener le calme.

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Ce n’était pas la première intervention de la soirée. Une première bagarre s’était produite vers 23 heures, au même endroit. Bilan: plus de 90 agents déployés et 15 personnes interpellées (onze majeures et quatre mineures). Ces trouble-fêtes vont être déférés pour rixe, émeute et violences sur fonctionnaires de police. Des enquêtes ont été ouvertes par le procureur de service et le président du Tribunal des mineurs.

«Lieu de rencontre»

Des incidents loin d’être anodins, et qui inquiètent les festivaliers. «C’est pire chaque année et la sécurité n’est absolument pas adéquate», déplore l’un d’entre eux. Police Riviera a dénombré 42 bagarres, contre 18 l’édition précédente. En 2011, une émeute impliquant 300 personnes avait marqué les esprits.

Une particularité explique que ce festival soit propice aux débordements. «Le Montreux Jazz se déroule en zone urbaine. C’est également un lieu de rencontres pour les jeunes qui font la fête en dehors du festival», explique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Certains consomment des alcools forts, ou d’autres substances, avant de partir à l’assaut des espaces ouverts de l’événement.

Accès libre

Le Montreux Jazz Festival propose en effet une large programmation gratuite. Sur 383 concerts, 250 sont en accès libre. Une offre alléchante qui attire de nombreux badauds sur les quais. Les stands installés sur les bords du Léman représentent 20% des recettes du festival. Une part importante du budget, dont l’organisation pourrait difficilement se passer. «Cette offre musicale très vaste fait partie de l’identité du festival. Les espaces gratuits sont encadrés avec vigilance, tout comme les concerts payants», assure Marc Zendrini, attaché de presse.

Face au problème sécuritaire croissant que dénoncent certains, les responsables semblent résignés ou du moins minimisent. Marc Zendrini tient à le rappeler: il n’y a pas eu de débordements sur le site de l’événement. Pourtant, les fauteurs de trouble sont attirés par les festivités. Pour éviter tout débordement, des agents privés sont mobilisés entre le Royal Plaza et l’Eurotel, et des caméras de surveillance scrutent les festivaliers. En dehors de cette zone, c’est la police qui est chargée d’intervenir.

Nous allons analyser le dispositif de sécurité pour voir ce que nous pourrons améliorer lors des prochaines éditions

«Lorsqu’il y a des bagarres, notre objectif est d’éviter que les protagonistes ne viennent sur le site», précise David Torreblanca, responsable des opérations du Montreux Jazz. Selon lui, la situation s’est «nettement améliorée» depuis les rixes de 2011. Des mesures ont d’ailleurs été prises: aucun alcool fort n’est vendu sur les quais et des physionomistes contrôlent l’accès aux lieux de nuit.

Le syndic Laurent Wehrli fait le même constat. «Ces bagarres n’ont rien à voir avec les émeutes de 2011 qui impliquaient plus de 300 personnes», explique-t-il à 24 heures. Avant d’ajouter: «nous allons analyser le dispositif de sécurité pour voir ce que nous pourrons améliorer lors des prochaines éditions.» Mais les organisateurs l’assurent: le risque zéro n’existe pas.

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