e-santé

Bâle se lance dans l’expérience du dossier électronique du patient

Bâle-Ville lance son système de traitement des données de santé. Comme certains Romands, les cantons du Nord-Ouest pourraient se regrouper. Les médecins ne font pas partie de l’aventure

Bâle-Ville a officiellement lancé mercredi son système de dossier électronique du patient (DEP), après une phase de tests. Il s'agit du premier canton alémanique à franchir le pas. Ce dispositif permet aux patients d'avoir un meilleur accès à leurs données de santé.

Selon la loi fédérale sur le dossier électronique du patient, entrée en vigueur en 2017, les hôpitaux ont jusqu'en 2020 pour se doter de ce dispositif. Les maisons de retraite et de soins ainsi que les maisons de naissances disposent de deux années supplémentaires.

Une discussion avec le Dr Jean Gabriel Jeannot: Dossier électronique du patient: «C’est un changement fondamental d’approche»

Genève a commencé

Les prestataires de soins ambulatoires ne sont pas concernés. Genève avait ouvert la marche en 2010 déjà.

Le dossier électronique du patient apporte efficacité et rentabilité, a souligné le directeur cantonal de la santé Lukas Engelberger mercredi devant les médias à Bâle. Avec des données numérisées, les traitements peuvent être améliorés et devenir plus sûrs.

Le système bâptisé «myEPD» est désormais utilisé dans certaines cliniques de l'Hôpital universitaire de Bâle (USB). Il sera étendu à l'entier de l'USB d'ici fin 2019. D'autres organisations du canton ainsi que de Bâle-Campagne et de Soleure planifient de l'introduire l'année suivante.

Un code par SMS, comme les banques

Les patients déterminent eux-mêmes les droits d'accès à leur dossier. Le login nécessite, comme chez certains instituts bancaires, un code envoyé par SMS. Les professionnels de la santé doivent pour leur part disposer d'un identifiant spécifique au système.

Le regroupement est en cours chez certains Romands

Les cantons du nord-ouest de la Suisse ne sont pas les seuls à s'associer pour gérer le système de DEP. En Suisse romande, le Valais, Genève et Vaud ont créé fin mars l'association CARA afin de poursuivre sa mise en place.

Les cantons signataires se répartiront les coûts liés au projet en fonction de leur population. Fribourg et le Jura rejoindront l'association d'ici la fin de l'année sous réserve de l'approbation de leur parlement. La communauté est financée au départ à 100% par les cantons membres.

Les dispositifs existants seront migrés à terme sur la plateforme unique CARA, indique une note de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS). Cela concerne MonDossierMédical du canton de Genève, Infomed en Valais, le projet vaudois ainsi que le dossier pharmaceutique partagé du canton de Fribourg.

Neuchâtel se prépare

Dans le canton de Neuchâtel, un appel d'offres a été lancé en janvier pour l'acquisition de la plate-forme DEP. Le Grand Conseil avait adopté en septembre 2017 un crédit de 3 millions pour la constitution d'une communauté de référence neuchâteloise et la mise en œuvre du dossier électronique du patient dans le canton.

En 2017, la Confédération avait mis à disposition 30 millions de francs à titre de financement de départ. La solution technique pour les dispositifs utilisés en Valais et dans le canton de Vaud provient de la Poste.

Les médecins sont opposés

Les patientes et patients décident eux-mêmes s'ils souhaitent ouvrir un e-dossier. Selon la loi fédérale, le personnel d'organisations publiques ou de droit public peuvent y traiter les données du patient. Les assureurs et les employeurs n'y ont pas accès.

Les médecins se sont opposés au DEP par souci de sécurité des données. C'est pourquoi les prestataires de soins ambulatoires, comme les pharmaciens, les sages-femmes ou encore les médecins, ne sont pour l'heure pas tenus d'introduire le système.

A ce propos:  Le dossier électronique du patient entre craintes et espoirs

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