Débat

A Bâle, un aquarium géant divise les milieux écologistes

Le projet Ozeanium, rétrograde et nocif ou utile pour sensibiliser le grand public à la préservation des espaces marins? A la veille d’une votation cantonale, deux visions de l’écologie s’affrontent

Le plus grand aquarium de Suisse ouvrira-t-il ses portes en 2024 à Bâle? Derrière le projet Ozeanium, qui promet d’amener «la mer à Bâle» et d’offrir à la cité rhénane un nouveau pôle d’attraction, s’active le très le populaire zoo de la ville. Voilà des semaines que son directeur, Olivier Pagan, tente de convaincre la population d’accepter un vaste complexe destiné à accueillir des espèces marines en provenance d’une trentaine d’écosystèmes différents.

Une campagne émotionnelle

L’avenir de ce projet est entre les mains de la population: le 19 mai, les Bâlois se prononceront sur la modification du plan de zone nécessaire à sa réalisation. Sur les bords du Rhin, on n’avait pas connu campagne aussi émotionnelle depuis longtemps. A la suite des manifestations pour le climat, les arguments environnementaux occupent le devant de la scène. Mais deux visions écologistes diamétralement opposées s’affrontent. Pour ses promoteurs, qui comptent parmi eux des biologistes ou l’ancien directeur du WWF international, Claude Marti, ce projet a des vertus pédagogiques: il montre au grand public la fragilité des écosystèmes marins et le sensibilise à la responsabilité humaine dans leur préservation.