Bâle veut fermer ses postes de police la nuit

Economies Le canton-ville compte réduire ses dépenses de 65,5 millions de francs

La nouvelle suscite l’inquiétude dans la cité rhénane. Le Conseil d’Etat de Bâle-Ville projette de fermer les guichets nocturnes de trois postes de police disponibles jusqu’ici 24 heures sur 24. Seul un guichet, celui du Petit-Bâle, resterait ouvert, a-t-il annoncé lundi. Cette mesure doit permettre de radier huit postes et économiser 1 million de francs, selon Baschi Dürr (PLR), conseiller d’Etat en charge de la Sécurité.

Le responsable a beau ajouter que la présence de policiers dans la rue sera, elle, renforcée, les agents sont furax. «Que dira-t-on à une jeune fille qui se fait agresser sexuellement la nuit? Qu’elle doit se déplacer jusqu’au poste du Petit-Bâle?» fustige Heinz Salvisberg, vice-président de l’association des agents de police. «Nous réfléchissons à imiter nos collèges genevois [qui ont manifesté par une grève des uniformes et des amendes, ndlr].»

Les responsables de l’association se réunissent ce jeudi pour en discuter, après une première assemblée mercredi soir. «Les policiers sont en sous-effectifs. Ils doivent déjà quitter les guichets la nuit pour prêter main-forte à leurs collègues. Cette réduction va détériorer le travail de terrain», fustige le policier.

Education et santé menacées

Cette mesure n’est qu’une des coupes prévues par le gouvernement; et ce n’est pas la plus sévère. Le Conseil d’Etat veut réduire de 15 millions de francs les dépenses du Département de la santé et de 12,5 millions celles de l’Education. Au total, il table sur des économies de 69,5 millions de francs par année d’ici à 2017 pour compenser les pertes fiscales provoquées par la seconde réforme de l’imposition des entreprises. Des bourses scolaires aux musées en passant par l’intégration des handicapés, tous les secteurs sont touchés. Certaines mesures nécessitent un changement législatif. «Le VPOD lancera ou soutiendra un référendum contre ces modifications de loi», annonce Matthias Scheurer, secrétaire régional du syndicat. Le paquet d’économies doit encore passer devant le parlement.