La gauche sort gagnante des élections cantonales à Bâle-Ville. Elle a de bonnes chances de se retrouver majoritaire au gouvernement le 28 novembre, après le second tour. Ni l'UDC, ni le Parti radical ne sont bien placés pour reprendre le siège libéral laissé par le démissionnaire Ueli Vischer et que son parti, en perte de vitesse, a renoncé à revendiquer.

Au Grand Conseil, la victoire de la gauche est consommée. Le Parti socialiste et les Verts, selon les dernières projections, gagnent ensemble 9 sièges supplémentaires sur 130 sièges. L'UDC progresse certes légèrement, mais hérite probablement des cinq sièges des Démocrates suisses qui, à l'extrême droite, disparaissent de l'échiquier politique.

Le palmarès gouvernemental

Au gouvernement, seul un siège libéral était vacant. Cinq des sept ministres en place ont déjà été confirmés lors du premier tour. En tête, le seul libéral restant au gouvernement, le directeur de l'Instruction publique Christoph Eymann. Il est talonné par le très pragmatique Jörg Schild, du Parti radical, et par le socialiste Ralph Lewin. Le PDC Carlo Conti et la socialiste Barbara Schneider tirent également leur épingle du jeu.

Hans Martin Tschudi, le neveu du populaire conseiller fédéral qui court pour la vieille dissidence socialiste des Démocrates sociaux, n'a pas atteint la majorité absolue. Il est toutefois dépassé par Eva Herzog, la troisième socialiste qui tente son entrée, et par le Vert Guy Morin, dont on suppose qu'il va renoncer pour la candidate socialiste au second tour.

Quant au candidat radical, à la neuvième place, il n'a pas vraiment tenu ses promesses. La passionaria UDC Angelika Zanolari, la présidente du parti réputée pour ses attaques tous azimuts, n'arrive qu'à la dixième place, ne récoltant qu'un tiers des voix nécessaires à la majorité absolue.

L'UDC à Bâle, tant qu'elle restera privée du soutien des autres partis bourgeois, n'a aucune chance d'entrer au gouvernement. Les autres formations de droite ont toutefois jusqu'à maintenant décliné toute collaboration en raison de la virulence et de la hargne de la présidente Zanolari.

Au parlement, selon les dernières projection du début de soirée, le PS obtenait 45 sièges (+ 6) et les deux formations écologistes apparentées 15 (+3). Les démocrates-sociaux gagnent un siège, tandis que le Parti évangélique conserve ses six mandats. Parmi les partis bourgeois du centre, ce sont surtout les libéraux, la seule section d'importance de Suisse alémanique, qui perdent sérieusement des plumes, soit quatre de leurs 16 sièges. Les PDC perdent également 3 sièges, tandis que les radicaux se maintiennent.

Une UDC tourmentée

L'UDC, qui avait fait une entrée fracassante au Grand Conseil il y a quatre ans en passant de 1 à 14 sièges, n'a que légèrement progressé, récoltant 16 mandats. C'est bien en dessous des objectifs que s'était fixés la présidente Angelika Zanolari. Les dissidents UDC qui avaient quitté le parti parce qu'ils désapprouvaient le style de leur présidente n'ont eu aucune chance: le nouveau parti qu'ils avaient fondé n'a pas atteint le quorum et les 7 députés qui en faisaient partie ont tous perdu leur siège. L'électorat UDC n'aime pas les copies.