Vaud

La balle est dans le camp de la droite vaudoise 

Même si Géraldine Savary et Luc Recordon sont en ballottage favorable, le PLR voit une possibilité de reprendre pied aux Etats. A quel prix?

«Je suis confiant, mais il faudra mobiliser». Le conseiller aux Etats vert Luc Recordon s’exprime avec prudence au soir du premier tour. Il est en ballottage favorable, tout comme sa colistière socialiste, Géraldine Savary. «Surtout ne pas penser que c’est acquis», ajoute l’écologiste, qui «espère qu’on parlera enfin dans les trois semaines à venir de tournant énergétique et de petite enfance dans la campagne, et pas seulement de franc fort.»

A première vue, les résultats vaudois montrent une grande stabilité. Dans un duo qui fonctionne bien, Géraldine Savary se confirme comme la plus populaire des politiciens vaudois, tandis que Luc Recordon la suit de très près. C’est lui qui est visé par la droite dans sa volonté de remettre un pied à la chambre des cantons, dont elle est exclue depuis huit ans. La socialiste est tenue pour intouchable.

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Comme il y a quatre ans

Le ballottage est général, comme il y a quatre ans. C’était attendu aussi, vu le grand nombre de candidats. En y regardant de plus près, il y a tout de même du changement. Il n’est pas favorable à la gauche. Le duo rose-vert perd un peu de terrain. La socialiste et l’écologiste avaient dépassé les 40% des voix au premier tour de 2011, ils sont cette fois en-dessous. Une érosion qui devrait se confirmer au Conseil national. «Nous baissons globalement un peu», note Stéphane Montangéro, le président du PS vaudois, qui l’explique par l’incertitude économique et la question des migrations. Quant au PLR, il tire son épingle du jeu car il a mis des moyens colossaux dans la campagne sans dire vient l’argent."

Le parti de centre droite en effet relève la tête. Son champion Olivier Français ne dépasse pas les 24% à Lausanne, où il est le seul membre de son camp à l’exécutif, mais il fait 31% à l’échelle de tout le canton. C’est un résultat appréciable en comparaison avec les 22% que la radicale Isabelle Moret avait obtenu au premier tour il y a quatre ans. Il s’impose en tout cas comme le champion de toute la droite, les candidats de l’UDC étant décrochés par rapport au trio de tête, avec une dizaine de points d’écart.

Un candidat unique

Olivier Français est donc le candidat unique que le PLR va tenter d’imposer dans une alliance en vue du second tour à l’UDC et aux petits partis du centre. D’autant que le parti de gouvernement qu’est le PRL vient de reprendre, sur l’UDC qui l’avait arrachée il y a quatre ans, le rang de premier parti cantonal.

Alors que Guy Parmelin avait rassemblé sur son nom 28% des suffrages en 2011, l’actuelle et controversée présidente actuelle du parti, Fabienne Despot, n’arrive pas à 20%. Elle est dépassée de peu par Michaël Buffat, le président de la commission des finances, avec qui elle partage l’affiche.

Dimanche soir, Fabienne Despot indiquait que tout était ouvert s’agissant du soutien demandé par le PLR, une question à trancher par un congrès lundi soir après analyse des reports de voix sur les listes. «Au départ, c’est nous qui nous la voulions, cette alliance. On nous l’a refusée et maintenant on veut que nous fassions vibrer la corde de la droite unie», note-t-elle avec déception. En tout état de cause, un éventuel soutien sera «monnayé «contre des engagements pour les élections cantonales de mars 2017, l’échéance cruciale pour l’orientation politique du canton.

Différences d’appréciation

Les représentants des petits partis du centre faisaient entendre sur cette question des différences d’appréciation qui ne manqueront pas d’animer les discussions des assemblées de lundi. «Nous ne sommes pas une annexe de la gauche ou de la droite et nous devons maintenir un candidat du centre», soulignait Jacques Neirynck. Pour Axel Marion, le président du PDC vaudois, un soutien à Olivier Français est «tout à fait envisageable, sauf si ce dernier devait durcir son discours pour séduire l’UDC."

«Je ne vais pas renier mes valeurs», assure le champion du PLR pour les Etats, dont la candidature n’avait pu être officialisée qu’après que les conseillers d’Etat de son parti, Pascal Broulis en tête, avaient finalement décidé de ne pas se lancer. Pour Olivier Français, les élections fédérales de 2015 montrent que «Vaud est bel et bien un canton de droite et de centre droite. Nous voulions nous compter dans une primaire, mais maintenant il s’agit d’achever la belle histoire de la reconquête d’un canton.»

La participation a atteint 43% environ, plutôt stable. Les autorités sont rassurées, qui craignaient qu’elle ne plonge en-dessous du «plancher psychologique «de 40%.

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