Le premier tour de l'élection au gouvernement jurassien n'aura pas permis à l'un des dix-huit prétendants d'atteindre la majorité absolue. Les Jurassiens retourneront aux urnes le 8 novembre pour un second tour très indécis.

Un jeu très ouvert

Comme prévu, le retrait de trois des cinq ministres jurassiens (la socialiste Elisabeth Baume-Schneider, le PDC Philippe Receveur et le PLR Michel Probst) a ouvert le jeu. Dans un souci de continuité, l'électorat a accordé une large confiance au sortant PDC Charles Juillard, nettement en tête dimanche avec 42,5% des voix. Son travail pour tenir avec sérieux et austérité les cordons de la bourse cantonale a ainsi été salué, lui qui avait été chahuté lors de sa première réélection en 2010.

L'électorat a été plus rude avec l'autre sortant, le socialiste Michel Thentz, qui n'obtient que le sixième rang avec 28,6% des voix. Mais rien n'est perdu pour l'actuel président du gouvernement. Car derrière Charles Juillard, exception faite de la deuxième, la socialiste Nathalie Barthoulot qui décroche un excellent score de 35,1%, les quatre candidats suivants sont dans un mouchoir de poche.

Une troisième position menacée

Le PLR Jacques Gerber tire les marrons du feu en décrochant un bon troisième rang, avec 30,1% des voix. Il devra se méfier car il a peut-être déjà obtenu le plein de voix. Aux quatrième et cinquième rangs, deux candidats du PDC, ceux que ce premier tour devait justement départager : Martial Courtet coiffe au poteau Gabriel Willemin qui l'a précédé tout au long de l'après-midi, jusqu'au résultat de la ville de Delémont. Ainsi, Martial Courtet obtient 326 voix de plus que son colistier. Il sera au second tour.

Qu'en sera-t-il de Gabriel Willemin ? Le PDC a convoqué un congrès mardi soir pour décider s'il se limite à deux candidats, dans la perspective d'en rester à deux ministres, ou s'il maintient Gabriel Willemin dans la course. En 2002, en pareil cas de figure - Charles Juillard avait terminé cinquième du 1er tour -, le PDC avait lancé un trio au second tour, et Charles Juillard n'avait pas été élu.

Le candidat PS doit convaincre

Le PS a du souci à se faire. Nathalie Barthoulot s'installera sans histoire dans le fauteuil d'Elisabeth Baume-Schneider, mais la réélection de Michel Thentz n'est pas acquise. Il termine certes à treize voix du troisième PDC, un écart susceptible d'être compensé. Mais il devra convaincre qu'il a encore sa place au gouvernement.

Avec un bons score de 25,6%, le chrétien-social David Eray perd un peu de terrain, mais pourrait ne pas avoir dit son dernier mot.