Le visage définitif du Parlement est désormais connu. Les quatre ultimes sièges du Conseil des Etats ont été attribués ce dimanche dans les trois derniers cantons à voter, Argovie (2), Schwytz (1) et, enfin, Bâle-Campagne (1), d’où est venue la petite sensation du week-end. Après un duel serré avec la PLR Daniela Schneeberger, la Verte Maya Graf rafle le siège pour 2000 voix d’écart. L’élection de l’agricultrice bio de 57 ans confirme la tendance d’un Conseil des Etats plus vert et plus féminin.

Première sénatrice de Bâle-Campagne, Maya Graf fait ainsi monter le nombre de femmes au Conseil des Etats à douze, soit deux de plus que lors du précédent record, en 2003. La Bâloise, ancienne présidente du Conseil national (2012-2013), succède à l’une des figures du Palais fédéral, le socialiste Claude Janiak, qui se retire à 71 ans et cinq législatures sous la Coupole.

Trois Vertes romandes

Une semaine après l’échec de la Bernoise et présidente des Verts suisses Regula Rytz, Maya Graf permet à son parti de quintupler sa représentation aux Etats. Elle offre ainsi un cinquième siège aux Verts, qui n’en comptaient qu’un seul lors de la précédente législature, celui du Genevois Robert Cramer. A noter que sur les cinq fauteuils écologistes, trois sont occupés par des femmes romandes, la Genevoise Lisa Mazzone, la Vaudoise Adèle Thorens et la Neuchâteloise Céline Vara.

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Du côté de la Suisse centrale, le PDC schwytzois signe son retour et met fin à la mainmise depuis 2011 de l’UDC sur les deux fauteuils aux Etats. Agé de 56 ans, le démocrate-chrétien Othmar Reichmuth, membre du gouvernement cantonal depuis 2010, a remporté la bataille face au conseiller national UDC Pirmin Schwander. L’élu PDC rejoint l’UDC Alex Kuprecht, futur président de la Chambre des cantons (2020-2021) et élu dès le premier tour. A noter qu’une troisième candidate, Honorata Züger, Suissesse vivant en Pologne, n’a obtenu que 870 suffrages.

Par contre, en Argovie, la candidate PDC Marianne Binder-Keller, présidente du parti cantonal, n’a eu aucune chance. Elle a été largement devancée par le PLR Thierry Burkart (44 ans) et l’UDC Hansjörg Knecht (59 ans), tous deux élus. La Verte Ruth Müri termine en quatrième position. L’ancien président des Jeunes socialistes suisses, Cédric Wermuth, s’était pourtant retiré après le premier tour en faveur de la candidate écologiste. C’est une cinglante défaite pour la gauche argovienne, qui laisse filer le siège de la socialiste Pascale Bruderer. Pour la première fois depuis douze ans, le canton sera représenté par deux hommes.

Le PDC demeure le premier parti

Avec les seconds tours dans ces trois derniers cantons, les jeux sont donc faits. Ce dimanche, à l’exception du Parti socialiste, qui ne comptait aucun candidat en lice, les grands partis, PDC, PLR, UDC et les Verts, ont chacun gagné un siège. Au final, le Conseil des Etats se compose ainsi: PDC (13; -1), PLR (12; -), PS (9; -3), UDC (6; +1), les Verts (5; +4) et un indépendant, le Schaffhousois Thomas Minder (1; -). A relever que, avec la perte de son unique siège bernois, le PBD n’est plus représenté.

Malgré la perte d’un siège et des revers de taille, avec la non-réélection surprise de deux de ses poids lourds, le Fribourgeois Beat Vonlanthen et le Tessinois Filippo Lombardi, le PDC demeure le premier parti du Conseil des Etats. En Suisse romande, il a pu conserver son siège dans le Jura et ses deux dans le Valais. Le grand perdant demeure le Parti socialiste, contraint de laisser partir trois sièges, dont deux au profit de ses alliés Verts, à Neuchâtel et dans le canton de Vaud.

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La nouvelle législature débute le 2 décembre avec l’ouverture de la session. Pour rappel, la députation romande aux Etats sera pour la première fois paritaire avec autant d’hommes que de femmes. Fribourg et le Valais auront leur première sénatrice de leur histoire. Avec seulement trois sortants, Christian Levrat (FR/PS), Olivier Français (VD/PLR) et Beat Rieder (VS/PDC), pour neuf nouveaux élus, la représentation prendra un coup de jeune également. A 31 ans, la PLR fribourgeoise Johanna Gapany sera en effet la plus jeune sénatrice depuis la Seconde Guerre mondiale, ne devançant que pour quelques mois la Verte genevoise Lisa Mazzone.