interview

«La bande dessinée genevoise a une tradition plus riche et plus vivante qu’ailleurs»

Une école supérieure de bande dessinée va ouvrir à Genève en 2017. Le bédéaste genevois Tom Tirabosco explique pourquoi suivre une formation est si utile

Le Temps: A qui s’adresse cette formation?

Tom Tirabosco: En priorité à des jeunes qui ont décroché un CFC en graphisme ou en multimédia, mais aussi à ceux qui sortent du collège. Nous accepterons des candidats sans formation secondaire, s’ils présentent des qualités particulièrement remarquables. Les candidats devront nous présenter un portfolio.

– En tant qu’auteur de bandes dessinées, qu’est-ce que vous auriez aimé apprendre dans une école?

– L’avantage d’une école est que l’on se forme plus vite, qu’on acquiert des outils spécifiques et des enseignements plus diversifiés. Quand on travaille tout seul dans son coin, on répète souvent les mêmes choses. Or la bande dessinée est un monde très riche et en pleine évolution. Il permet de raconter des choses de manière fine et complexe.

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– Existe-t-il une école genevoise de la BD?

– Non, pas vraiment. Il y a une émulation, une diversité et une grande concentration de créateurs sur un petit territoire. C’est en partie à cause de la présence d’acteurs de la scène culturelle, de prix spécifiques et d’aides à la création. La bande dessinée genevoise n’a pas un style particulier mais une tradition plus riche et plus vivante qu’ailleurs.

– Est-ce le cas d’autres villes européennes?

– Oui, à Bruxelles, à Paris, à Angoulême… Il existe d’ailleurs une formation spécifique à Angoulême et à l’école Saint-Luc à Bruxelles. A Genève, ça manquait un peu. La HEAD proposait déjà en deuxième année une formation à l’image et au récit, mais nous, nous répondrons à des questions plus concrètes sur les modes de narration et la façon de répondre à des mandats professionnels. Car de plus en plus d’entreprises utilisent le dessin comme vecteur de communication.

– L’école formera entre 16 et 18 dessinateurs par année. Vous pensez vraiment qu’ils pourront tous vivre de la BD?

– Demain, le monde de l’emploi sera difficile, c’est clair. Mais je pense que les gens créatifs s’en sortiront mieux et trouveront plus facilement un travail. L’économie créative est un des secteurs qui marchent le mieux. On en a besoin et ça peut générer des emplois. On va aussi donner aux jeunes l’accès à un réseau et à des contacts professionnels. On veut qu’ils aient des outils pour pouvoir vivre du dessin. Tout cela sera très riche.

– Quelle est la spécificité de la BD par rapport à l’illustration par exemple?

– La séquence. La BD est un art séquentiel dans lequel le rapport entre le texte est l’image est très étroit. La BD permet de raconter des choses et c’est pour cela par exemple que des entreprises l’emploient pour communiquer avec leurs employés.

– Quand seront ouvertes les inscriptions?

– En janvier, lors des portes ouvertes du Centre de formation professionnelle arts appliqués (CFPAA). Mais chaque semaine, Zep et moi sommes déjà sollicités par des jeunes ou leurs parents qui veulent savoir comment se former pour devenir bédéaste.

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