D'un avis somme toute unanimement partagé, les lenteurs du dossier BCGE ne sont pas dues à une surcharge. En nommant quatre magistrats, fait celui-là bien exceptionnel, la justice genevoise voulait se donner les moyens d'instruire rapidement tout en évitant que les enjeux de ce dossier ultra-sensible ne reposent sur les épaules d'un seul. Trois ans après son ouverture, l'enquête a pris des proportions kilométriques. Mais au-delà de son poids, il y a surtout la guerre sans précédent que livre la défense sur le terrain procédural. Une bataille contre laquelle un juge ou un procureur tout extraordinaire qu'il soit n'aurait pas de remède miracle.

Preuve en est la toute récente pluie de recours qui a perturbé le calendrier des audiences. «Nous estimons que les membres actuels du conseil d'administration de la banque doivent être entendus en qualité de partie civile et non de témoins», précise Me Vincent Jeanneret, avocat d'un des deux réviseurs inculpés. Parmi les personnes convoquées, soit David Hiler, Bernard Lescazes, Adreas November, Pierre-Alain Loosli, Gabriel Barillier et Jean Gallay, certains ont déjà été entendus une première fois. Ils ont prêté serment, ce qu'une partie ayant un intérêt direct au procès ne fait pas. Le serment de dire la vérité donne évidemment plus de poids à une déclaration même si la qualité de partie n'est pas une invitation à la dissimulation. La Chambre d'accusation doit trancher la question. En attendant, un effet suspensif a été accordé pour la réaudition des mêmes et, plus original, à titre préventif pour la comparution de futurs témoins de ce conseil.