L’accord fiscal avec l’Allemagne a été largement salué mercredi par les banques et leurs représentants. Le texte à peine rendu public, l’Association suisse des banquiers (ASB) a diffusé un communiqué pour souligner sa «satisfaction globale» quant à cet accord. Point jugé particulièrement positif: la reconnaissance «sans équivoque» par l’Allemagne que l’impôt libératoire représente une solution «durablement équivalente à l’échange automatique de renseignements». L’occasion pour l’ASB de souligner que la mise en œuvre de l’accord coûtera environ 500 millions de francs pour les banques.

Un investissement «qui en vaut la peine», a jugé de son côté Michel Dérobert, secrétaire général de l’Association des banquiers privés suisses (ABPS), cité par l’ATS. La solution présentée hier correspond à la stratégie que l’association a toujours soutenue. Selon lui, l’accord respecte les quatre points clés jugés essentiels par l’organisation: le respect de la sphère privée, le règlement du passé, la garantie de la conformité fiscale pour les clients ainsi qu’un accès facilité au marché allemand. Seul ce dernier élément est jugé avec plus de scepticisme par le représentant des banquiers privés. «L’accord définit un cadre mais sa mise en œuvre dépend des autorités de surveillance», a-t-il rappelé.

«Renaissance»

Du côté des banques, Julius Baer a qualifié l’accord de «solution pragmatique pour toutes les parties concernées». Mercredi, Zeno Staub, le directeur de Vontobel, s’est réjoui de la sécurité juridique que cet accord procurera aux clients. La banque, présente dans quatre grandes villes allemandes, estime que les modèles de gestion «onshore» et transfrontalière ne s’excluent pas mais peuvent au contraire croître de manière simultanée. «On ne peut pas parler de déclin de la place financière suisse mais au contraire de sa renaissance», a-t-il affirmé hier.

La réaction des deux grandes banques helvétiques a été plus discrète. Credit Suisse a salué l’accord conclu entre la Suisse et l’Allemagne sur le principe. UBS n’a pas commenté directement le contenu de l’accord, en soulignant que la banque veillera surtout à bien informer ses clients de ses implications.

Pour les experts de KPMG, «l’attrait de la place financière suisse reste préservé, voire s’est amélioré après plusieurs mois d’incertitude». Et si la Suisse parvient à conclure un accord avec d’autres partenaires, la pression vers l’échange automatique d’informations diminuera, un «avantage important pour la place financière helvétique en comparaison internationale», a estimé KPMG lors d’une présentation hier. Outre l’Allemagne et l’Angleterre, la Belgique et la Grèce ont déjà fait part de leur intérêt pour un tel modèle, a rappelé le cabinet de conseil.