Les banquiers genevois n'ont pas manqué de le souligner: selon un sondage réalisé par l'institut lausannois MIS Trend (LT du 18.03.2005), 88,2% des citoyens du canton sont opposés à une hausse d'impôts. Et 63,6% de Genevois estiment que l'Etat gaspille les deniers publics. Une semaine après le lancement de deux initiatives visant à taxer davantage les grosses fortunes pour assainir les finances cantonales, les banquiers privés genevois communiquent leurs arguments contre cette proposition de la gauche.

Crise des dépenses

Dans La Lettre du Groupement des banquiers privés genevois de mars 2005, le premier secrétaire Edouard Cuendet affirme que le canton vit une situation paradoxale. «Alors que Genève bénéficie d'une économie dynamique et de recettes fiscales considérables, il se montre incapable de maîtriser ses déficits et son endettement gigantesque.» Selon Edouard Cuendet, également député libéral au Grand Conseil, le niveau élevé de la dette (13 milliards) explique en partie la «note médiocre de A stable» attribuée en juin 2004 par l'agence Standard & Poors. Un mauvais signal pour les créanciers, prévient Edouard Cuendet.

Les banquiers privés sont catégoriques: Genève traverse une crise des dépenses, et non des recettes. Edouard Cuendet estime dès lors qu'il «serait absurde de pénaliser davantage, à travers une hausse d'impôts inconsidérée, les acteurs qui contribuent de manière prépondérante au dynamisme économique du canton». Pour sortir de la crise, le libéral préconise «d'améliorer l'efficacité de l'Etat» en révisant le statut de la fonction publique et en appliquant le plan financier quadriennal, accompagné de mécanismes contraignants pour contenir les dépenses sur le long terme.