«J'ai vécu onze ans en face de la gare de Cornavin. D'une certaine manière, c'est «ma» gare. Son aspect extérieur me plaît beaucoup. A force de la côtoyer, elle est devenue un lieu familier que je trouve empli de poésie. Un lieu de passage où règne une convivialité dans l'éphémère. Un espace où l'on rencontre des gens de tous horizons. Un endroit qui donne le pouls de la ville. Pour moi, le fait que l'initiative «Oui à l'Europe!» a été lancée au sein même de cette gare est tout un symbole.

Les transformations réalisées dans l'aile ouest de l'édifice assurent une continuité que j'apprécie bien. On n'est en présence ni d'une gare totalement nouvelle, ni d'une vieille gare. Aujourd'hui, de multiples activités animent l'endroit: le buffet Passaggio, dont le nom évoque les Italiens qui sont venus en Suisse voici quelques décennies, le café attenant ainsi que l'Internet Café, qui, bien que tristounet, attire de nombreux jeunes. Comme le train et la lecture entretiennent une relation très étroite, je suis heureuse de voir que les kiosques abondent dans le bâtiment. A l'intérieur, le plafond vitré qui couvre l'allée menant du hall central aux quais par l'aile ouest crée l'illusion de n'être ni dehors, ni dedans.

Je fréquente la gare de Cornavin quand je me rends au Conseil national à Berne ou lorsque j'assiste à diverses commissions, que ce soit à Neuchâtel ou à Yverdon. Mais aussi quand je vais à la foire de Bâle. L'arrière de la gare est également un endroit que j'apprécie. Notamment le café et l'Hôtel de Montbrillant. Je suis favorable à un réaménagement de la place de Cornavin qui tienne compte de la circulation automobile. Il y a plusieurs années, en regardant par ma fenêtre, je rêvais, il est vrai, d'une place verdoyante! Quant aux autres gares qui m'interpellent, j'aime bien celle de Zurich, très conviviale. Mais ma préférée demeure celle de Milan. Son architecture, sa poésie m'ont touchée. C'est surtout là que l'âme sœur m'a fait part de son désir de vivre ensemble.