Elections fédérales: le climat économique profite au PLR

Sondage Avec 26,2% d’intentions de vote, l’UDC reviendrait à peu près à son score de 2011. Les grands partis retrouvent leurs scores antérieurs

Les Verts et le PBD ne parviennent pas à freiner l’érosion

La stabilité. C’est l’image générale qui se dégage du deuxième baromètre réalisé par l’Institut gfs.bern pour le compte de la SRG SSR en vue des élections fédérales du mois d’octobre. Ni la crainte des pertes d’emploi dues au franc fort ni celle du terrorisme ne semblent avoir modifié profondément l’attitude de l’électorat. Les questions liées aux étrangers et à l’immigration continuent à être la principale préoccupation des Suisses.

Dès lors, l’UDC, malgré un très léger tassement par rapport aux élections de 2011, reste le premier parti suisse, avec 26,2% d’intentions de vote, devant le PS (19,6%) qui progresserait d’un point.

Le PLR, avec 16,3%, confirme une tendance à la hausse déjà enregistrée lors du premier baromètre électoral en septembre dernier, alors que le PDC (11,8%) reste en léger recul par rapport aux dernières élections.

Deux partis, les Verts suisses (7,5%) et le PBD (5,4%) ne parviennent pas à stopper une lente mais constante érosion. Les élections cantonales de Bâle-Campagne et Lucerne viennent d’ailleurs de mettre en évidence les difficultés des Verts à imposer leurs thèmes environnementaux ou le virage énergétique. Les Vert’libéraux, qui avaient paru rebondir en automne, retombent sur leur position de départ (5,6%). L’échec de leur initiative pour une taxe sur l’énergie n’a pas aidé.

Selon le sondage de l’institut bernois, réalisé entre le 11 et le 19 mars, 48% des Suisses auraient aujourd’hui l’intention de glisser leur bulletin dans l’urne. Ce qui, à ce stade, représente une valeur assez élevée. Mais le PBD, dont le quotidien Blick prédisait ce mardi la chute, a du souci à se faire, car c’est lui qui parvient le moins bien à mobiliser son électorat.

Le phénomène le plus marqué est bien la confirmation du redressement du PLR. Cela s’expliquerait essentiellement par le fait que le parti a réussi à enrayer la démobilisation de ses électeurs. Mais aussi parce qu’il profiterait du transfert d’intentions de vote significatif de la part de sympathisants des Vert’libéraux, et, en proportion moins importante, de l’apport de transfuges de l’UDC. Il est difficile par contre de déterminer dans quelle mesure le PLR profite de sa crédibilité en matière économique face aux effets du franc fort.

En effet, alors que les questions d’énergie et d’environnement se maintiennent au troisième rang, la peur du chômage et les coûts de la santé ont régressé dans la préoccupation des Suisses. D’ailleurs, malgré les exigences du PS à revenir à un taux plancher de 1,15 fr. voire 1,30 fr., une large majorité des Suisses (56%), y compris dans les rangs socialistes, comprend et approuve la décision de la BNS de supprimer le taux plancher entre euro et franc suisse.

Autre progression, par rapport à 2011, est celle du PS. Même si sa hausse de 1% est plus faible que celle enregistrée en automne dernier, lors du premier sondage. Elle serait due essentiellement à une meilleure mobilisation de sa base électorale et à un transfert de voix depuis le réservoir écologiste. En revanche, le PDC n’arrive pas à freiner la démobilisation. Ni à dissuader une frange prête à soutenir l’UDC.

Le maintien de l’UDC largement en tête des partis suisses, malgré une difficulté à maintenir sa mobilisation, est dû essentiellement au fait que pour un tiers des Suisses, le problème numéro un du pays reste celui de l’immigration, avec ses composantes de l’intégration et de l’asile, devant les relations avec l’UE. Cette préoccupation liée aux étrangers a même largement progressé depuis le dernier sondage.

Enfin, malgré les critiques qui lui sont adressées régulièrement, le président du PDC Christophe Darbellay reste le plus crédible auprès de l’ensemble des personnes sondées, avec 51% d’avis favorables. C’est en fait le président qui polarise le moins les opinions. Il devance Christian Levrat (49%), Philipp Müller (45%) et Toni Brunner (42%). Les deux coprésidentes des Verts, Adèle Thorens et Regula Rytz, peu connues du grand public, ferment la marche avec 24% seulement.

La place de l’UDC tient au fait que pour un tiers des électeurs, l’immigration reste le problème numéro un