Bashkim Iseni exerce de nombreuses activités. Titulaire d’un doctorat ès sciences politiques, il est chargé de cours à l’Université de Fribourg et fondateur du site d’information albinfo.ch, qui fournit des informations à la communauté albanaise et kosovare en Suisse. En outre, il s’engage très activement dans tout ce qui touche à l’intégration, en participant notamment au comité de la plateforme suisse Migration & Development.

Dès le 1er janvier 2019, il assumera une nouvelle responsabilité: celle de délégué à l’intégration de la ville de Lausanne et chef du Bureau lausannois pour les immigrés. Il deviendra ainsi le fer de lance de la politique de la ville en faveur du multiculturalisme.

Le délégué est la référence communale en termes de politique migratoire. Il doit accompagner l’intégration des immigrés en faisant la promotion des prestations fournies par la commune (cours de langue, insertion professionnelle, support en termes de connaissances pratiques, procédure de naturalisation) et tenir une permanence liée au racisme.

«Le Temps»: Vu votre parcours, on pourrait dire que vous étiez prédestiné à ce poste.

Bashkim Iseni: Tout à fait. Pour moi, cela représentait une opportunité d’être au service de la communauté et de Lausanne, que je considère comme ma ville. Le thème de l’immigration, dans lequel je baigne depuis quinze ans, devient de plus en plus important dans le contexte international, européen et suisse. Enfin, j’aime être sur le terrain. Cela permet de travailler dans une perspective la plus pragmatique possible.

Qu’entendez-vous par une perspective pragmatique?

Le but du travail dans le domaine de l’intégration est de favoriser l’entente et la cohésion. C’est un thème qui concerne tout le monde: migrants et non-migrants, et qui peut vite devenir émotionnel. Je pense qu’il est important de l’aborder de manière dépassionnée et pragmatique. Sur le site d’Albinfo.ch, par exemple, nous mettons l’information au service de l’intégration, sans formuler de revendications politiques mais en stimulant la réflexion commune.

Quel regard portez-vous sur l’intégration en Suisse?

Nous sommes dans un contexte international où l’immigration est une thématique importante, d’ailleurs souvent utilisée politiquement. Il est très important de favoriser la mobilité sociale, meilleur rempart à des situations de tension. En Suisse, nous sommes dans un pays où l’intégration marche bien: nous offrons des perspectives économiques et d’éducation aux immigrés, le fédéralisme et l’approche fortement locale sont des atouts incontestables à l’intégration. Cela ne veut pas dire qu’elle aille de soi: il est nécessaire de favoriser le dialogue et la bonne compréhension entre les immigrés et ceux qui les accueillent.


Le blog de Bashkim Iseni hebérgé par «Le Temps»:  Identités et migrations en mouvements