La première grande fusion dans la presse suisse a donné naissance en novembre 1976 à la Basler Zeitung. Ce fut à l’époque un choc. Malgré le soutien des banques, les Basler Nachrichten, quotidien libéral-conservateur créé en 1844 qui écrivait pour la bonne société bâloise dut s’allier à la Schweizerische National-Zeitung , à son origine en 1842 un des journaux de la Régénération les plus attachés au radicalisme, qui prit dans les années 1960 une voie résolument favorable à la gauche libérale. Le quotidien fut le seul de Suisse à présenter une vue différenciée des troubles des jeunes à Zurich en 1968. Et le premier à se doter d’un statut rédactionnel en 1970.

La famille Hagemann qui était entrée en 1928 au conseil d’administration de la National-Zeitung, détient 58% des actions de la nouvelle BaZ. En 1996, la BaZ reprend la majorité du groupe Jean Frey, qui édite à l’époque notamment la Weltwoche. En 2002, Matthias Hagemann, président du conseil d’administration, vend Jean Frey à des financiers, après un détour par la banque Swissfirst, dont Tito Tettamanti et Martin Wagner. En février 2010, il vend la Basler Zeitung à ces mêmes deux hommes. Le tirage du titre, en baisse continue, atteint 88 000 exemplaires.

Markus Somm, l’actuel rédacteur en chef de la BaZ (photo ci-dessus) a ncien rédacteur en chef adjoint de la Weltwoche, reprend les rênes fin août. Ses commentaires, qui s’occupent rarement de la politique locale, sont clairement conservateurs, mais le journal sinon couvre toute la palette des opinions. A Bâle, il est de bon ton de se plaindre de la qualité de la BaZ, mais, comme le souligne Peter Knechtli, rédacteur en chef de onlinereports.ch, c’est une relation d’amour-haine. Le quotidien était jusqu’à maintenant incontournable dans la vie locale. Mais les lecteurs outrés par le mandat donné à Christoph Blocher appellent maintenant de leurs vœux un décrochement régional de la NZZ ou du Tages-Anzeiger, voire la création d’un nouveau journal .