analyse

Le bastion europhobe se ratatine

Le noyau dur rebelle à tout accord avec l’Union européenne se réduit comme peau de chagrin

Six Suisses sur dix (56,9%) ont finalement dit oui dimanche à la libre circulation et à son extension à la Roumanie et à la Bulgarie. C’est un résultat confortable, qui dépasse les attentes les plus prudentes. Les sondages avaient montré un resserrement de l’écart entre le oui et le non et la plupart des observateurs s’attendaient à un résultat final étriqué.

Ce oui est plus net, de 3,6 points, que le oui donné par les Suisses en 2005 à la première extension de la libre circulation des personnes aux pays d’Europe centrale (56,0%). C’est aussi un résultat nettement meilleur que le modeste oui (54,5%) sorti des urnes lors du vote sur la mise en oeuvre des accords bilatéraux d’association à l’Espace Schengen et à l’Espace Dublin.

Cette fois, il n’y a plus que quatre cantons dans le camp du non. Le Tessin, champion du refus à chaque votation européenne, se distingue encore une fois en disant non à 65,7%. C’est le seul canton qui oppose au bilatéralisme un refus en progression après les scrutins de 2004 et 2005. Dans les 25 autres cantons, le résultat de ce dimanche est plus favorable au bilatéralisme en moyenne de quatre points par rapport aux précédents votes. Y compris à Schwyz, Appenzell Intérieures et Glaris, qui restent toutefois dans le camp du refus. En revanche, trois cantons qui avaient dit non à la libre circulation en 2005 basculent cette fois dans le camp du oui. Ils sont tous situés en Suisse centrale: Uri, Obwald et Nidwald. Signe que même dans cette région connue pour son fort sentiment anti-européen, la voie bilatérale finit par être reconnue et soutenue.

Les Vaudois sont les champions du oui (70,1%), comme en 2005 (65,5%). Tous les cantons romands donnent plus de oui que la moyenne nationale, le Valais d’extrême justesse.

Les cantons de Berne et Zurich sont aussi plus positifs que la moyenne nationale, avec respectivement 62,8 et 61,8% de oui. Par rapport à 2005, le oui progresse le plus à Uri (+7,9 points); à Lucerne (+ 7 points); aux Grisons (+8,3 points); dans le Jura (+8,2 points).

Lors du « dimanche noir » qui avait vu les Suisses dirent non à l’EEE, 18 cantons avaient dit non, soit le Tessin et tous les cantons alémaniques sauf les deux Bâles. Ce dimanche, le noyau dur rebelle à tout accord avec l’Union européenne (Schwyz, Glaris Appenzell Intérieures et le Tessin) se réduit comme peau de chagrin. En termes de population, ce bastion europhobe ne réunit que quelque 500’000 habitants, soit 6,8% de la population établie en Suisse.

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