Dans le monde académique, les grandes manœuvres budgétaires commencent. Mercredi, la Conférence universitaire suisse (CUS) et le Conseil des hautes écoles spécialisées, les HES, ont exprimé leur souhait d'une hausse budgétaire de 6% pour le prochain programme du Conseil fédéral, qui couvrira les années 2008 à 2011.

Les ministres cantonaux, qui composent ces instances, font valoir que la formation et la recherche sont des domaines prioritaires selon le Conseil fédéral. Il y a deux semaines, le Fonds national de la recherche scientifique (FNS) réclamait, lui, un bond de 10%.

Ce thème est au menu des prochains entretiens de Watteville avec les chefs de parti, le 12 mai. Joseph Deiss, qui chapeaute les HES, a déjà plaidé pour une hausse de 6%, tandis que Pascal Couchepin n'articule pas de chiffre. Quelle que soit la décision du gouvernement, attendue pour novembre, les relations entre les institutions vont se tendre en raison de ce climat budgétaire. Une éventuelle hausse ne serait pas linéaire, et la répartition des fonds provoque les crispations.

La Confédération aide les universités par des subsides pour la construction de bâtiments, qui seront à terme plafonnés à 30%, ainsi que des subventions de base et des aides aux projets spéciaux, par exemple la coordination des universités lémaniques avec l'EPFL, ou le réseau de recherche en génétique liant les institutions de Zurich et Bâle, ou encore un programme de promotion de l'égalité.

Hausse des effectifs

Pour l'heure, les plans des responsables fédéraux vont en faveur d'une forte hausse des moyens du FNS, car la pression internationale sur la recherche est toujours plus forte. Les ministres de tutelle des universités redoutent que des ressources soient attribuées à la recherche au détriment de la formation, au moment où les effectifs ne cessent de croître.

«La Confédération doit participer à la hausse démographique des universités», plaide le secrétaire général de la CUS, Nivardo Ischi. La réforme dite de Bologne (les nouveaux cursus de bachelor et de master) a aussi son coût. Dans les HES, la reprise des filières de la santé, du social et des arts, naguère cantonales, va également gonfler les devis, et les universités craignent que ce soit à leur détriment.

En plus, l'Union européenne a récemment décidé d'augmenter les dépenses de recherche. La Suisse étant membre de ces programmes, elle doit suivre, en ajustant sa participation à la hausse. Là aussi, les arbitrages pourraient être douloureux. Nivardo Ischi l'illustre: «Bien sûr, les montants versés pour les programmes européens nous reviennent, mais la Suisse sera embarrassée si nous n'avons pas de chercheurs et d'équipes dotés en suffisance.»