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Doris Leuthard, conseillère fédérale.
© Anthony Anex/Keystone

SSR

Bataille sur la future redevance

Même si l’initiative «No-Billag» est rejetée, la SSR restera sous pression. Pour gagner la votation, Doris Leuthard veut abaisser sensiblement la redevance

Quel sera le futur montant de la redevance radio-TV dès le 1er janvier 2019? 400, 375, voire même 350 francs par ménage? Interpellée brièvement à ce propos sur les marches du Palais fédéral, Doris Leuthard passe gentiment son chemin en affichant un sourire digne de celui de la Joconde. La ministre des Télécommunications a retrouvé sa sérénité dans ce dossier après avoir frisé la débâcle le 14 juin 2015 lors de la votation sur le nouveau mode de perception de la redevance. Elle l’avait gagnée de justesse, à une majorité de 50,08%!

Ce jeudi 14 septembre, le Conseil national entame son débat sur l’initiative «No-Billag», qui veut supprimer la perception d’une redevance radio-TV. Alors que le résultat paraissait encore incertain voici quelques mois, la donne a changé. Tout comme le Conseil des Etats en mars dernier, la Chambre basse devrait rejeter cette initiative à une confortable majorité, tout comme il devrait renoncer à y opposer un contre-projet direct.

Point de bascule

Tout a basculé le 4 juillet dernier lors d’une séance de la Commission des transports et des télécommunications (CTT). Ces dernières années, elle n’a cessé de mener la fronde contre une SSR qu’elle juge «trop envahissante» dans le paysage médiatique face à des acteurs privés en proie à la chute des ressources publicitaires.

A la suite d’un rapport du Conseil fédéral qu’elle juge «incomplet», la Commission réclame un rapport complémentaire sur les conséquences qu’aurait un plafonnement de la redevance à un milliard, voire à 750 millions, alors que celle-ci s’élève aujourd’hui à 1,25 milliard. Lorsqu’elle apprend que la SSR devrait supprimer entre 800 et 1800 emplois, elle renonce pourtant à opposer un contre-projet direct – proposé par l’UDC – sous la forme d’une redevance fixée à 200 francs par ménage, soit divisée par deux.

Est-ce la fin des turbulences pour la SSR? Certainement pas. Car ensuite, Doris Leuthard devra encore gagner la votation devant le peuple, ce qui ne sera pas une sinécure après le coup de semonce de 2015. Pour rassurer les citoyens, elle a déjà promis une redevance «largement en dessous de 400 francs» par ménage au moment de mettre en œuvre la nouvelle taxe approuvée par le peuple, qui s’appliquera désormais à toutes les entreprises. Le Conseil fédéral tranchera à ce sujet dans un à deux mois. On s’attend à un montant oscillant entre 350 et 375 francs par ménage dès 2019.

Le signal d'economiesuisse

La SSR restera ainsi sous forte pression, d’autant plus que l’association faîtière economiesuisse a décidé de se rallier à un contre-projet direct. «C’est un signal pour inciter la SSR à se concentrer sur ses missions de base», précise son président, Heinz Karrer.

Au parlement, même les plus ardents avocats du service public réclament des changements. «La SSR doit se renouveler pour rester en forme», déclare Matthias Aebischer (PS/BE). «La SSR fournit un service public de qualité. Mais j’ai le sentiment qu’elle pourrait faire un aussi bon travail avec moins d’argent», ajoute Hugues Hiltpold (PLR/GE). Celui-ci estime qu’une part plus importante de la redevance – jusqu’à 9% – doit être attribuée aux médias audiovisuels privés.

Lire aussi: La SSR échappe aux scénarios du pire

Comme il est aujourd’hui impossible d’estimer les nouvelles recettes apportées par les entreprises dans l’escarcelle de la future redevance, il est difficile de chiffrer les économies auxquelles devra s’astreindre la SSR. Mais comme les recettes publicitaires baissent pour elle aussi, celles-ci pourraient avoisiner 50 millions sur un budget annuel d’environ 1,6 milliard.

Les détracteurs de la SSR se sont résignés à leur défaite au Conseil national. «La SSR reste une vache sacrée. Il est impossible de la faire évoluer», déplore Christian Wasserfallen (PLR/BE). De son côté, Philippe Nantermod (PLR/VS), membre du comité d’initiative de «No-Billag» avertit: «L’initiative sera rejetée. Mais à force de s’éloigner de ses clients et de leurs nouvelles habitudes de consommation des médias, la SSR risque qu’une bombe à retardement explose à terme, plus vite qu’on ne l’imagine.»

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