«Ma carrière politique s’est arrêtée ce 29 avril», a indiqué à l’ATS Eric Stauffer, vendredi soir, au terme de l’assemblée générale du Mouvement citoyens genevois à Meyrin. Une réunion qui était «pipée», selon le fondateur du MCG qui avait demandé un vote de confiance.

Il a récolté 58 voix contre 59 à la conseillère municipale de Vernier, Ana Roch, qui succédera au conseiller national Roger Golay qui avait lui-même remplacé Eric Stauffer, président de 2008 à 2012. Agée de 43 ans, elle ne comprend pas la réaction d’Eric Stauffer et «regrette amèrement» ce départ. «Le fondateur du parti a toute sa place mais le MCG n’est pas Eric Stauffer.»

Il voulait lever le pied

Une réflexion avec Roger Golay avait été mise en place pour un remplacement dans quelques mois. Ce processus a été bouleversé par la candidature d'Eric Stauffer, qui souhaitait diriger le MCG pour une année, le temps de préparer l’une des trois personnes intéressées par la présidence, dont celle qui a précipité la fin de son engagement politique. Mi-mars, il avait annoncé vouloir lever le pied avant un retrait politique d’ici 18 mois.

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Dans une lettre à son parti datée du 18 avril, Eric Stauffer avait déploré que le MCG ne fasse plus entendre «sa voix si particulière», argument réfuté par Ana Roch. Il rejetait le scénario d'un parti aligné sur un «centrisme PDC».

Sans citer Eric Stauffer, Roger Golay a lui dit ces derniers jours ne «pas tolérer que quelques personnes puissent se permettre de dénigrer ce travail d’équipe en prétendant que nous nous sommes éloignés de nos fondamentaux».

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Dès ce week-end, Eric Stauffer enverra sa lettre de démission de député. Il souhaite encore déposer un projet de loi qui lui tient à cœur en début de semaine prochaine avant qu’elle soit effective. Il refuse de siéger en indépendant. Il se retire aussi de son parti et de son mandat d’administrateur de l’Aéroport de Genève.«Je suis triste pour le MCG», conclut celui qui estime avoir remis le parti en 2012 «dans un état propre» à Roger Golay.

Le parti ne sortira pas indemne de la soirée de vendredi, admet la nouvelle présidente. Epaulée les vice-présidents Pascal Spuhler, Daniel Sormanni, Pascal Seeger et Christian Decorvet, elle souhaite continuer à axer la priorité sur la préférence cantonale en matière d’emploi.

Sous la présidence de Roger Golay, le MCG a consolidé en 2013 sa position de seconde force politique au Grand Conseil et a poussé la porte du Conseil d'Etat, où il est représenté par Mauro Poggia.