L'avocat qui a rédigé la plainte contre inconnu, déposée après la débâcle BCV, n'est autre que Nicolas Mattenberger, député socialiste veveysan et surtout ex-associé du conseiller d'Etat Pierre Chiffelle. Minorisé par ses pairs il y a deux semaines, ce dernier rompait la collégialité avec Anne-Catherine Lyon… précisément pour réclamer une enquête pénale sur la banque.

De là à imaginer une action coordonnée et souterraine, il n'y a qu'un pas allégrement franchi vendredi par quelques «observateurs informés» qui citaient même le nom d'une autre députée, également socialiste, comme auteur de la plainte. L'intéressée dément avec véhémence. Nicolas Mattenberger assure pour sa part qu'il «n'a pas été téléguidé par Pierre Chiffelle» et précise que le ou la plaignante, qui ne veut pas dire son nom, n'est pas député(e). Il ajoute que la plainte se base sur des documents ou des déclarations publics. La question sensible qu'elle soulève est de savoir si les petits actionnaires qui ont participé à hauteur de 30 millions à la première recapitalisation de la BCV n'ont pas été désinformés par le prospectus d'émission, le Conseil d'Etat semblant être au courant de la situation aggravée de la banque avant sa publication. «Ne retournons pas le problème, contre-attaque Nicolas Mattenberger, c'est ce lien-là qui pose problème, pas le fait que j'aie travaillé avec Pierre Chiffelle.»

Ce qui est sûr, c'est que cet épisode ne va pas améliorer le climat de travail au sein d'un Conseil d'Etat en comparaison duquel un panier de crabes ressemble à une réunion de catéchumènes.