Elections fédérales

Beat Kappeler: «On préfère l’original à la copie»

La réaction de l’économiste et chroniqueur à la NZZ am Sonntag

«Aujourd’hui, l’électeur a voulu rappeler des valeurs traditionnelles et aussi recentrer le combat idéologique sur des choix plus clairs. Notre pays est plutôt à droite et on préfère toujours l’original à la copie. Je pense que l’action de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, perçue comme le symbole d’une intrusion excessive dans le domaine fiscal et bancaire, a mobilisé le monde des entreprises, des avocats et des fiduciaires contre cette politique.

Le souci de la sécurité dans cette Europe secouée sur le plan monétaire et migratoire joue aussi un rôle même si la réaction n’est pas aussi forte qu’en Autriche ou en Bavière. On ne peut plus minimiser les problèmes et se contenter de dire qu’il faut être européen comme le fait la gauche. A Chiasso, où j’étais ce week-end, la Lega est devenu le parti le plus fort. Cela montre bien à quel point la question de l’immigration est devenue sensible et provoque des réflexes extrêmes.

Au menu des surprises, il y a le chambardement zurichois où Christoph Mörgeli, cheval de bataille de la liste UDC, dégringole alors que Roger Köppel, le rédacteur-en-chef de la Weltwoche, arrive en tête alors que c’est sa première campagne. Il semble que le peuple en ait assez de ceux qu’on appelle les «incontournables», ceux qui sont là depuis très longtemps. C’est aussi le cas du socialiste Paul Rechsteiner qui est en ballotage à Saint-Gall.

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Le poids des personnalités joue certes un rôle important surtout pour la chambre des cantons. Le succès de Daniel Jositsch, qui signerait le retour des socialistes zurichois au Conseil des Etats, s’explique aussi par sa position. C’est un candidat qui a été très présent sur les questions sécuritaires et qui a fait campagne. Cela paie toujours.

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