Il est l’un des conseillers d’Etat les plus visibles à Fribourg. Un des mieux élus au premier tour en 2006 avec 35’833 voix. Energie, mobilité, économie l’ont mis sur le devant de la scène ces dernières années. Né en 1957, le démocrate-chrétien Beat Vonlanthen est arrivé au gouvernement en 2004.

Assuré du vote en bloc de sa région – la Singine –, mais aussi reconnu dans les autres parties du canton, il devrait être réélu facilement.

Plusieurs dossiers ont avancé sous sa direction: le projet du pont de la Poya – même si cela a été lancé avant son arrivée –, le réseau de fibre optique, la lutte contre la crise économique – avec un fonds de relance de 50 millions – et les économies d’énergie.

«Il a compris l’importance des énergies vertes»

Il est désormais connu aussi au niveau national grâce à sa place de président de la Conférence des directeurs cantonaux de l’Energie.

«A Fribourg, nous avons augmenté drastiquement les fonds dans ce domaine. Nous sommes passés de 1.8 à 17 millions par an», souligne-t-il.

En 2009, il mettait en avant le programme de société à 4000 watts en 2030, puis à 2000 watts en 2100, contre 6000 aujourd’hui. «Trop lointain», disent ses opposants politiques. «Mais il a compris l’importance des énergies renouvelables», note aujourd’hui une députée de gauche. «Il a également mis la pression sur Groupe E au moment où la société voulait s’approvisionner dans une centrale à charbon en Allemagne.»

Un bémol: «Ses thèmes comme le cleantech ou les entreprises à haute valeur ajoutée ne parlent pas forcément aux petits patrons fribourgeois. Cela peut les frustrer», note un député démocrate-chrétien.

Attention à ne pas «papillonner» ajoute une élue socialiste. «Il n’y avait pas vraiment de ligne pour protéger Fribourg de la crise.»

Mobilité critiquée

Même s’il n’a pas réussi às auver la brasserie Cardinal fermée par Feldschlösschen, il fait partie des élus qui ont négocié le rachat du site. «Cela restera sa réalisation», souligne une députée de gauche.

Lui-même estime que «ce projet est celui du Conseil d’Etat. Mais j’avoue avoir eu l’idée de faire du futur parc technologique Cardinal un site zéro carbone.» Le canton et la Ville de Fribourg ont toutefois été critiqué dans le dossier l’an dernier pour avoir rapidement enterré la brasserie.

Au chapitre des dossiers qu’il reste à traiter, on trouve la préparation à la sortie du nucléaire – comme dans tous les cantons et au niveau suisse –, la réalisation du projet éolien du Schwyberg qui rencontre de fortes oppositions et l’amélioration de la mobilité.

La première partie du RER fribourgeois sera inaugurée en décembre. Mais la mobilité reste critiquée dans l’agglomération de Fribourg. «La stratégie dans ce domaine s’est souvent résumée à des subventions», regrette-t-on à gauche.