«Comme d'habitude»: tel est le mot d'ordre à Belgrade. Paul Wipfli, ambassadeur de Suisse a tout fait pour que le 1er Août 1999 ressemble aux précédents. Comme chaque année, il a invité la colonie suisse et les amis de l'ambassade à une petite réception. Cette fois encore, il y aura des allocutions officielles et un repas. A entendre le diplomate, il n'a pas été question une seconde de faire autrement: «ça fait partie de mes fonctions d'entretenir cette normalité.» Seul hic: des 250 ressortissants répertoriés, il ignore encore qui se rendra à la représentation suisse ce soir-là: «Beaucoup sont sans doute partis depuis les bombardements. J'ai envoyé une invitation à tous les suisses enregistrés à l'ambassade, sans savoir combien aboutiraient.»

Reste le discours. Même si, au nom de la nostalgie, tout est fait pour oublier quelques heures durant ce qui a changé, Paul Wipfli pourrait difficilement éviter une allusion, même brève, aux événements des derniers mois: «J'évoquerai ce qui s'est passé et les souffrances que cela a créées. Je rappellerai ensuite l'engagement de la Suisse à coopérer.»