Le ministre des Finances, Peer Steinbrück, «ne s’est montré en aucune manière irrespectueux» de la Suisse et de ses citoyens, a affirmé ce mercredi lors d’une conférence de presse son porte-parole Torsten Albig.

Torsten Albig réagissait à la fureur provoquée en Suisse par des propos tenus par Peer Steinbrück samedi lors d’une réunion du G20 près de Londres. Le ministre allemand avait expliqué que la menace d’une éventuelle liste noire des paradis fiscaux incluant la Suisse aurait un caractère dissuasif, comparable à une «cavalerie» qui ferait peur aux «Indiens».

Cette référence au far-west a été jugée «insultante et totalement indéfendable» par le secrétariat d’Etat (ministère) suisse aux Affaires étrangères, qui a convoqué mardi l’ambassadeur d’Allemagne.

«Symbole anodin»

Ce mercredi, Torsten Albig a au contraire estimé qu’il s’agissait d’une «image anodine», en outre «très courante chez nous». «Nous constatons que même des symboles anodins sont perçus de manière très sensible chez vous», a-t-il déclaré. «Peut-être que vous n’êtes pas à l’aise du fait d’être en dehors des règles de l’OCDE. Nous pouvons le comprendre. Nous pouvons aussi vous demander de faire un pas dans notre direction, et alors des comparaisons très anodines ne seront plus si désagréables pour vous en Suisse», a-t-il ajouté.

L’Allemagne, soupçonnant les grosses fortunes du pays d’échapper à ses impôts avec des comptes secrets ouverts dans des paradis fiscaux, a lancé une campagne contre le secret bancaire visant particulièrement son voisin suisse.

Sous la pression internationale, la Confédération a lâché du lest la semaine dernière sur le sacro-saint secret bancaire en acceptant de reconnaître les normes de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Mais Berlin a émis des doutes sur la volonté réelle de la Suisse de se conformer à ces critères.

Dans ce contexte tendu, le journal suisse Tages Anzeiger a révélé mardi que certaines banques allemandes, via leurs filiales implantées à la frontière suisse, aidaient des citoyens helvétiques à frauder le fisc de la Confédération. «Si c’est exact, nous trouvons cela aussi choquant que vous. C’est totalement inacceptable», a commenté ce mercredi Torsten Albig.