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Bernard Rüeger sur les JO: «Les politiques nous ont volé notre projet»

Initiateur d’une des deux démarches à l’origine de la candidature olympique refusée ce dimanche, l’industriel vaudois livre son explication de l’échec

Tout en accueillant «avec beaucoup de tristesse» l’échec de la candidature olympique, l’industriel vaudois Bernard Rüeger, vice-président d’Economiesuisse, établit un lien direct entre ce résultat et la manière dont la campagne a été menée. «Les politiciens nous ont dérobé notre projet, déplore-t-il. Depuis, il n’a plus été question que de politique, tandis que les valeurs sportives du dépassement de soi, du fair-play et de l’enthousiasme ont disparu de la campagne.»

Bernard Rüeger était, avec l’avocat lausannois Jean-Philippe Rochat notamment, l’initiateur d’un des deux projets de 2015, fondus par la suite dans une candidature unique. L’un de ces projets était développé au sein de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), dont Bernard Rüeger était alors président, l’autre s’étant constitué autour de Christian Constantin, le patron du FC Sion. 

«Ego démesurés et jeu personnel»

Vu rétroactivement, Bernard Rüeger estime que «nous avons fait une erreur en nous laissant imposer la fusion par les conseillers d’Etat, le Valaisan Jean-Michel Cina et le Vaudois Philippe Leuba». Car à partir de ce moment-là, les initiateurs vaudois, qui voulaient faire de Montreux la ville hôte et impliquer étroitement le canton de Berne «pour avoir les Suisses allemands avec nous», ont été écartés. «Non seulement le projet a été rendu quasi exclusivement valaisan, mais il a été dominé par les ego démesurés et le jeu personnel de Christian Constantin et de Frédéric Favre», déplore Bernard Rüeger.

Le «faible engagement» de Guy Parmelin et des Vaudois

L’industriel vaudois regrette aussi «le faible engagement personnel» dans ce dossier du conseiller fédéral Guy Parmelin, tout comme celui des autorités politiques vaudoises, celles-ci se contentant d’«attendre les retombées positives des épreuves de patinage et de snowboard sans vouloir prendre de risques».

Alors qu’il aurait été possible, selon lui, d’organiser un vaste rassemblement autour de la candidature: «Imaginez ce que la campagne aurait été avec un Adolf Ogi ou une Doris Leuthard, s’exclame-t-il. Au lieu de cela, on a laissé les seuls Valaisans se prononcer sur un crédit de 100 millions, alors que la Confédération et le CIO étaient prêts à mettre chacun 1 milliard de francs dans l’aventure.»


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